dimanche 28 janvier 2018

Saison 2018 2019 de l'Opéra de Paris

Le site Revopera a mis la main sur le programme 2018/2019 de l’Opéra de Paris. 
  
19 spectacles à l'affiche, dont 7 nouvelles productions : Bérénice, Les Troyens, Les Huguenots, Don Giovanni, Simon Boccanegra, Il Primo Omicidio et Lady Macbeth de Mzensk.

Une présence importante de l’opéra français : seront ainsi présentés au cours de la saison, Les Huguenots de Meyerbeer, Bérénice (création de Michael Jarrell), Les Troyens de Berlioz et une reprise de Carmen.

Verdi sera à l’honneur dans 4 productions : Otello, La Traviata, La Forza del Destino, Simon Boccanegra.

René Jacobs présentera ainsi le très rare Il Primo Omicidio de Scarlatti, mis en scène par Romeo Castellucci et accompagné par le B’Rock Orchestra pour 12 représentations à l’Opéra Garnier.

Comme c’est le cas depuis l’arrivée de Stéphane Lissner, les grandes stars seront toutes à Paris : Roberto Alagna (Otello et Carmen), Anja Harteros (La Forza del Destino, Tosca), Sonya Yoncheva (Tosca), Jonas Kaufmann (Tosca), Elina Garanca (Les Troyens), Diana Damrau (Les Huguenots), Ludovic Tézier (Traviata, Simon Boccanegra) et encore bien d’autres.
  
Deux grands galas auront lieu : l’un le 31 décembre 2018 au Palais Garnier (avec Sonya Yoncheva, Bryan Hymel et Ludovic Tézier), l’autre en mai 2019 pour le 350e anniversaire de la création par Louis XIV de l’Académie Royale de Musique.

En 2019, un opéra baroque sera donné pour la première fois à l’Opéra Bastille  : Les Indes Galantes, dans une mise en scène de Clément Cogitore, et avec une distribution de rêve : Sabine Devieilhe, Julie Fuchs, Jodie Devos, Stanislas de Barbeyrac et Florian Sempey.
  
Informations détaillées sur :


dimanche 21 janvier 2018

Jonas et l'opéra français

J'ai écouté hier le dernier disque de Jonas Kaufmann, un récital d'airs célèbres de l'opéra romantique français, sorti en septembre dernier.
  
On retrouve bien sûr les qualités que l'on admire tant chez le ténor allemand, puissance et beauté d'un timbre unique, excellente maîtrise du français et une rare intelligence des textes -qui montre, s'il en était encore besoin, que Jonas travaille toujours aussi soigneusement ses interprétations.
  
La voix reste très belle mais les aigus et la souplesse ont visiblement pâti des problèmes de santé du chanteur, et aussi, inévitablement, du poids des ans.

De ce fait, le choix de plusieurs airs n'apparaît pas vraiment heureux. On peut ainsi se demander si Roméo, Nadir et Des Grieux sont bien toujours des rôles pour Kaufmann, et se poser la question, c'est malheureusement déjà un peu y répondre.

Le constat vaut aussi pour Le Roi d'Ys de Lalo ; un peu dérouté par son interprétation d'une Aubade déjà plombée par un tempo trop lent, j'ai écouté juste après celle de Juan Diego Florez, et la comparaison n'a pas vraiment joué en faveur du ténor allemand.
  
Mais ne faisons pas le difficile car ces réserves mises à part, L'Opéra reste un fort bel album.

Les Massenet (Le Cid, Werther) et les Berlioz (Les Troyens, La Damnation de Faust) sont superbes. "Rachel, quand du seigneur" de La Juive fait grand effet et "La fleur que tu m'avais jetée" (Carmen) est vraiment bouleversante.
  
La direction de Bertrand de Billy, à la tête du Bayerisches Staatsorchester, m'a paru un peu planplan mais quand on sait que de surcroît, dans plusieurs duos (Les Pêcheurs de perles, Manon), Jonas chante avec Ludovic Tézier et Sonya Yoncheva, on ne boudera certainement pas son plaisir.
     

jeudi 18 janvier 2018

Jason, Cavalli et Garcia Alarcon à Versailles

Leonardo Garcia Alarcón, dont j'ai plusieurs fois déjà sur ce site évoqué le travail formidable, interprétera une version remaniée de l'opéra de Francesco Cavalli, Il Giasone, les vendredi 9 et samedi 10 mars 2018, à l’Opéra Royal de Versailles. 
  
Il sera à la tête de son ensemble, la Cappella Mediterranea, et de 11 solistes, dont Valer Sabadus dans le rôle de Giasone et Kristina Hammarström dans celui de Medea. Serena Sinigaglia signe la mise en scène dans cette production très attendue du Grand Théâtre de Genève.
  
En 1649, Cavalli, le compositeur d’opéras le plus célèbre de Venise depuis la mort de Monteverdi, transforme le mythe de Jason et Médée en un opéra haut en couleurs, où se succèdent crises d'hystérie, lamentos déchirants et scènes comiques -avec force nourrices et valets travestis.
  
Partition splendide, Il Giasone fût l’opéra italien le plus joué de son siècle, avec 18 représentations à Venise et 24 productions recensées jusqu’en 1681. Un quasi record à une époque où un opéra ne tenait guère l'affiche plus de quelques jours.
  
C'est en fait à une passionnante exploration de l'opéra vénitien du 17ème siècle que continue de nous convier le jeune chef argentin, après un Eliogabalo très remarqué à l'Opéra de Paris et avant l'Erismena qui sera donnée au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis, en juin prochain, et pour laquelle je viens de prendre deux places. Ce qui me console -un peu- de ne pouvoir aller à Versailles en mars.
  

mercredi 3 janvier 2018

Star wars en musique

Maintenant que la folie des premiers jours de la diffusion de l'épisode 8 s'est dissipée, quelques mots sur la célébrissime bande originale de La Guerre des étoiles.

Au départ, George Lucas avait pensé utiliser des partitions classiques, notamment Les Planètes de Holst et Le Sacre du printemps de Stravinsky, sur le modèle de ce qu'avait fait Kubrick avec Strauss pour 2001 l'Odyssée de l'espace.

Spielberg lui recommanda plutôt de travailler avec John Williams, qui avait déjà composé la musique des Dents de la mer. Le compositeur était déjà bien connu à Hollywood, notamment pour avoir remporté un Oscar, en 1972, avec la bande originale du Violon sur le toit, le film musical de Norman Jewison.
 
Le succès de la musique de Star Wars vient en grande partie du fait que John Williams a repris à son compte, avec beaucoup de talent, le système des leitmotivs wagnériens, qui veut que chaque thème musical soit associé à un personnage, une situation, un objet, un sentiment ou une idée. Motifs mélodiques ou rythmiques collant le plus possible au personnage ou au concept auxquels ils sont associés, les leitmotivs doivent être facilement reconnaissables et mémorisables.
  
Comme les personnages, les situations et les sentiments, les leitmotivs évoluent, changent de tonalité, de pupitre instrumental ; ils se transforment, s'agglomèrent ou se disloquent, un peu comme des idéogrammes musicaux.
 
Comme l'image et le son, l'apparition d'un leitmotiv ou le mélange de plusieurs a une véritable fonction narrative : il peut décrire l'action, rappeler ce qui a lieu ou, mieux, annoncer ce qui va se passer. J'ai d'ailleurs souri en lisant, sur le net, que des fans avaient développé toute une série de suppositions sur le prochain épisode à la seule écoute attentive de l'assemblage et de l'évolution des leitmotivs dans Le Réveil de la force. Raisonnement séduisant mais qui suppose, ce qui est loin d'être certain, que John Williams n'ignore rien des scénarios à venir.
 
Les leitmotivs sont originaux, mais les mélomanes attentifs n'ont pas manqué de repérer des parentés avec des partitions célèbres.
  
D'abord avec Les Planètes de Gustav Holst, notamment la partie intitulée Mars, celui qui apporte la guerre, dont les rythmes martelés laissent entrevoir le thème de Dark Vador. Thème dont Williams inversera d'ailleurs l'ordre des notes dans la deuxième trilogie, pour caractériser le jeune Anakin, dans un motif à la fois doux et inquiet qui décrit les tourments du jeune homme et annonce le funeste personnage qu'il va devenir. Très habile.
  
Des mélomanes attentifs ont également noté une étrange ressemblance entre la musique qui accompagne la découverte des dunes de sable de la planète Tatooine et le début de la deuxième partie du Sacre du printemps. Mais la parenté la plus troublante est peut-être celle, que l'on attendait pas forcément, entre les dernières mesures de l'intermezzo de Manon Lescaut de Puccini et le thème de Luke Skywalker.