lundi 1 octobre 2018

Clément Geoffroy redécouvre l'oeuvre pour clavecin de Reincken

Sous le label L'Encelade, Clément Geoffroy vient d'enregistrer un choix de pièces pour clavecin de Johann Adam Reincken, un musicien né vers 1630 à Deventer, aux Pays-Bas.
 
Reincken, explique le jeune claveciniste, commence ses études musicales avec l’organiste de la ville, puis, en 1654, part se perfectionner avec le grand Scheidemann à Hambourg. En 1657, il devient son assistant et lui succède à sa mort en 1663. Dès lors, sa popularité ne cesse de croître, le rendant célèbre dans toute l’Europe du Nord. 
  
Avec l’appui de sa fortune, semble-t-il amassée par des recours étrangers à la musique, ainsi qu’avec l’aide de deux juristes et sénateurs de la ville, il fonde en 1678 l’Opéra de Hambourg, premier établissement de ce genre en Allemagne, qu’il dirigera jusqu’en 1685. Il se consacrera ensuite à ses activités d’organiste, compositeur et de pédagogue jusqu’à la fin de sa vie en 1722. 
  
Malgré sa longévité, il ne nous laisse que très peu d’œuvres. Hormis son Hortus Musicus, publié en 1687 et dont les six sonates qui le composent sont un joyau du genre, Reincken n’a pas dû éprouver le besoin de faire graver ses compositions. Heureusement pour nous, quelques copies manuscrites ont subsisté.
  
A ce jour, son corpus compte douze pièces pour clavecin et seulement trois pour orgue, résultat bien maigre compte-tenu des quelques soixante ans durant lesquels il a joué ces instruments quotidiennement. Avec les six sonates pour deux violons, viole et basse continue de l’Hortus Musicus, voilà tout ce que nous possédons. 
  
Mais la grande qualité de ces pièces, tant du point de vue de la composition que de ce qu’elles exigent pour leur exécution, attestent du talent de Reincken et du bien-fondé de sa réputation. Parmi les œuvres qui composent ce disque, j’ai choisi d’en défendre plusieurs dont l’authenticité n’est pas encore avérée, car même si elles ne sont pas de lui (on ne le saura peut-être jamais), elles n’en sont pas moins belles et s’inscrivent dans l’univers musical dans lequel il a évolué
   
Lors de son voyage à Hambourg, en 1705, Bach entendit le vieux maître improviser de façon magistrale sur le choral An Wasserflüssen Babylon. Il en fût dit-on fort impressionné, et même directement influencé dans ses propres compositions.
 
Très réussi, l'enregistrement de Clément Geoffroy, dont la sortie est prévue le 19 octobre 2018, regroupe deux suites, un prélude en do majeur, une toccata en la majeur, une toccata et fugue en sol mineur ainsi qu'un délicieux Rossignol hollandais.
  
Il se termine sur une pièce d'ampleur importante, la plus longue de toute l'œuvre connue de Reinscken, 18 variations sur un thème à la fois mélancolique et d'une grande noblesse de Froberger, Schweiget mir vom Weiber nehmen, soit Ne me parlez pas de prendre femme, sans doute en hommage à la solide réputation de coureur de jupons que l'on prêtait à Reincken...
    
Ancien élève d'Olivier Beaumont et de Blandine Rannou, Clément Geoffroy mène une carrière de soliste et de continuiste, collaborant avec les meilleurs ensembles baroques, notamment Pygmalion, La Rêveuse, La Chapelle Rhénane, Correspondances, Les Surprises, Le Poème Harmonique ou le Concert d’Astrée.

  
Il a d'ailleurs lui même fondé un ensemble, L’Escadron Volant de la Reine, actuellement en résidence à la Fondation Singer-Polignac. Déjà deux disques très remarqués autour d'oeuvres instrumentales italiennes, Notturno, en 2016 chez Evidence, puis Il Furibondo, au printemps 2017, chez B-Records.
  

3 commentaires:

JCMEMO a dit…

Haut de gamme...Je perd pied !
le jeune claveciniste me donne l'occasion de te souhaiter un excellent anniversaire : plein de musique.
Sincères amitiés de JC

jefopera@gmail.com a dit…

C'est très gentil mais c'était en juillet !!!

JCMEMO a dit…

Désolé!!!!!!!!!!!!!!Erreur d'interprétation.................