mardi 11 septembre 2018

Hummel, génie méconnu

Récemment découverts sur Radio Classique -dont la programmation est loin d'être aussi conventionnelle que ce que certains laissent entendre- les deuxième et troisième concertos pour piano de Johann Nepomuk Hummel, joués par l'excellent Stephen Hough. Ils sont tellement beaux que je les passe en boucle depuis le début du mois.
 
Né en 1778 à Pressburg, aujourd'hui Bratislava, Hummel reçoit ses premières leçons de musique de son père, musicien de l'École impériale de musique militaire et chef d’orchestre du théâtre. 
 
La famille s'installe ensuite à Vienne et le jeune Nepomuk (quel joli prénom !) est admis comme élève de Mozart, qui l’héberge près de trois ans, lui donne des leçons et lui permet de se produire en concert alors qu'il n'a que 9 ans.
 
Hummel entreprend ensuite une grande tournée européenne au cours de laquelle il rencontre les plus célèbres compositeurs de l'époque, notamment Haydn, Clementi et Salieri.
 
Vers cette époque, le jeune Beethoven arrive à Vienne. On dit souvent qu’il y eut une rivalité marquée entre les deux compositeurs, ce qui est un peu exagéré. Si leurs relations connurent des hauts et des bas (le mauvais caractère de Beethoven y était sans doute pour beaucoup), ils demeurèrent en fait toujours amis et c'est du côté de leurs partisans respectifs qu'il y eût sans doute le plus d'animosité.
  
Hummel a 26 ans lorsqu’en 1804, il succède à Joseph Haydn, comme Konzertmeister chez le prince Esterházy ; il y restera jusqu'en 1811. 
 
En mai 1813, il épouse la chanteuse Elisabeth Röckel, qui lui donnera deux fils. Trois ans plus tard, la famille déménage à Stuttgart, où le musicien est nommé maître de chapelle. L'année suivante, tout le monde part pour Weimar. Hummel y demeurera jusqu'à son décès, en 1837.
 
Hummel est l'auteur d'une abondante production, au sein de laquelle à peu près tous les genres sont représentés, à l'exception notable de la symphonie, ce qui fait imaginer qu'après avoir découvert les compositions de Beethoven, Hummel n'aurait jamais pu s'attaquer au sujet.
 
Sa musique de chambre comprend deux septuors, un sextuor, un quintette pour piano et cordes, trois quatuors à cordes, un quatuor avec piano, un autre avec clarinette, sept trios avec piano, des sonates pour violon et piano, flûte et piano, et même une pour mandoline et piano.

On compte aussi des messes, des cantates, de la musique de scène et 22 opéras, pour la plupart oubliés ou carrément perdus. Un seul, à ma connaissance, a été enregistré, Mathilde de Guise.
 
Si l'on ne connait guère Hummel que pour son célèbre concerto pour trompette, rendu populaire par Maurice André, ses concertos pour violon, pour mandoline et pour basson mériteraient d'être de temps à autre mis au programme des concerts symphoniques.

Encore plus beaux, ses concertos pour piano témoignent d'une grande maîtrise d'écriture et d'une inspiration mélodique belcantiste absolument irrésistible. Ils sont certes encore caractéristiques du style classique mais montrent aussi un certain nombre d'innovations sur le plan du jeu de piano (accords arpégés, glissandos) qui les font, un peu comme ceux de Mendelssohn, jeter un pont très intéressant entre Mozart et Chopin. 
  
Chopin, justement, qui n'avait pourtant pas le compliment facile, aurait dit un jour que Mozart, Beethoven et Hummel sont les maîtres que nous reconnaissons tous.
   

1 commentaire:

Jean Claude Mazaud a dit…

Infatigable Découvreur ! Bravo et
Bonne journée
Amitiés de JC.