dimanche 9 septembre 2018

Damien Guillon, Caldara, La Maddalena

Damien Guillon et son ensemble Le Banquet Céleste viennent d'enregistrer La Maddalena ai piedi di Cristo, un oratorio d'Antonio Caldara, Une très belle surprise de cette rentrée musicale.

C'est à Saintes, cet été, que j'ai fait la connaissance de ces talentueux musiciens, dans un programme de madrigaux de Frescobaldi.  Donné tard dans la soirée, alors que le jour se retirait doucement de la nef de l'Abbaye aux Dames, ce concert envoûtant reste l'un de mes plus beaux souvenirs du dernier Festival.
  
  
Antonio Caldara, que l'on commence à redécouvrir, est né à Venise en 1671, dans une famille de violonistes. Comme beaucoup de musiciens talentueux de son époque, il fût rapidement invité à se rendre auprès des Cours européennes, Mantoue, Rome, Paris, Vienne enfin, où il se fixa, comme maître de chapelle de Charles VI. 
  
Il composa près de 3 000 pièces, dans à peu près tous les domaines, notamment 87 opéras et une quarantaine d’oratorios, essentiellement destinés au temps du Carême.
  
La Maddalena a d'abord été créée en Italie, avant d'être donnée à Vienne avec succès. Toutefois, les sources documentaires ne précisent pas l'effectif vocal et instrumental avec lequel l'oratorio a été joué, ce qui a conduit les interprètes à effectuer des choix, notamment celui d'attribuer le rôle de l'amour terrestre à une contralto et celui de l'amour céleste au contre-ténor. Idem pour les deux continuos, l'un terrestre, l'autre éthéré, une disposition qui sonne de façon évidente à l'écoute du disque mais qui n'allait pas forcément de soi à la seule lecture de la partition.
  
L'oratorio met en scène les tourments de Marie-Madeleine, repentante et bouleversée, aux pieds du Christ en croix. À la différence d’un opéra, explique Damien Guillon dans un entretien récemment donné au journal La Croix, ni décor, ni mouvements, ni costumes pour soutenir leur propos. Chanteurs et instrumentistes doivent traduire par leur seule éloquence les tourments et les joies des personnages ou allégories qu’ils incarnent.

Dans son écriture vocale, Caldara, en homme de théâtre expérimenté, réussit bien à différencier des rôles dont les affects paraissent tout de même assez mystérieux et difficilement saisissables. Il restait à des chanteurs de talent à s'en emparer pour rendre à l'oeuvre sa force dramatique, et c'est ce que réussissent parfaitement Emmanuelle De Negri (Marie-Madeleine, soprano), Reinoud Van Mechelen (le Christ, ténor) et Maïlys de Villoutreys (Marthe, soprano), aux côtés de Damien Guillon, à la direction et dans le rôle l'Amour céleste.
  
  

1 commentaire:

Jean Claude Mazaud a dit…

Encore une découverte !
Pas très facile pour moi , mais j'apprécie...
Merci
Amitiés de JC