samedi 16 juin 2018

Super Leo

Est-il vraiment besoin de présenter le baryton italien, qui vient de fêter allègrement ses 76 ans ?
  
Je m’en veux même un peu d’avoir attendu aussi longtemps pour parler de cet artiste exceptionnel, que beaucoup reconnaissent, et j'en suis, comme le plus grand baryton verdien de notre époque.

Après ses débuts en 1967 au Théâtre expérimental de Spolète dans le rôle de Figaro, Leo Nucci effectue ses vrais débuts, dans le même rôle, en 1977, à la Scala de Milan. Dès 1978, il est appelé par Covent Garden pour Luisa Miller, puis au Met pour Un Bal masqué.
  
Le chanteur est alors réclamé par les plus grandes scènes du monde, et le succès est partout au rendez-vous. Leo Nucci aborde les plus grands rôles du répertoire, Gérard (Andrea Chénier), Posa (Don Carlo), Nabucco, Luna (Il Trovatore), Figaro (Le Barbier de Séville) et Macbeth. 
  
Rigoletto reste toutefois son cheval de bataille : il tiendra le rôle dit-on plus de 440 fois ! Comme un soir de juillet 2011, à Orange, où il trisse le fameux air de La vendetta, comme il l'avait déjà fait à Marseille en 1983 devant un public survolté, qui hurlait, applaudissait avec frénésie et tapait des pieds dans un tel fracas que le directeur a craint un moment que le plancher ne s'effondre. 
  
Leo Nucci a peu enregistré de récitals : deux programmes Verdi chez Decca, et sans doute quelques enregistrements pris sur le vif. Car, fondamentalement, le baryton est une bête de scène et c’est là, voire au DVD qu’il faut le voir et l’écouter chanter.
  
Dans ce récital, que j'ai trouvé dans le coffret Decca (http://jefopera.blogspot.com/2017/12/55-jours-de-bonheur.html), Leo propose un choix d'airs particulièrement réussi, puisé dans des opéras de Bellini, Donizetti, Verdi et Rossini un peu délaissés, comme Il Pirata, Beatrice di Tenda (Bellini), Poliuto, Dom Sebastien et Il Duca d'Alba (Donizetti). 
  
Que dire de cet art du chant qui n'ait déjà été dit ? Puissance, intensité, timbre de velours, intelligence des textes, tout y est, et même davantage. Au surplus, parfaitement enregistré (c'est du Decca....), accompagné vaillamment par Gianfranco Masini à la tête de l'English Chamber Orchestra, ce disque est un un pur bonheur.
  

1 commentaire:

Jean Claude Mazaud a dit…

Magnifique artiste que j'adore..Il a assumé un nombre incalculable de représentations et son calendrier est plein jusqu'à la fin de 2019 !!!
Bon dimanche
Amitiés
JC
Il interprétait Macbeth dans le film de Claude D'Anna (1987) en compagnie de Shirley Verrett sous la direction musicale de Riccardi Chailly (je viens de retrouver le dvd dudit film)