mardi 26 juin 2018

Cavalli enchante le TGP

On donnait hier soir, au Théâtre Gérard Philipe, Erismena, un opéra méconnu de Cavalli.
 
Dans la brochure distribuée avant le spectacle, Jean Bellorini, directeur du TGP, explique comment il a conçu sa mise en scène :
 
Il y a deux niveaux de lecture dans ce livret. Si l’on s’attache uniquement aux intrigues et aux situations, le livret se révèle très embrouillé. Si en revanche on choisit de s’en détacher, il se présente comme un sublime poème d’amour. Aussi, à certains moments, convient-il de rappeler les faits, de faire preuve de clarté et de poser des repères : comprendre qui est qui, qui fait quoi et de qui l’on tombe amoureux. A d’autres moments, il s’agit de laisser libre cours à la poésie pure, à l’essence même du chant.

Une fois surmontée la surprise d'un décor réduit à presque rien et de costumes vraiment moches, on découvre, au fil de l'action, une mise en scène intelligente, ciselée, sans temps mort ni faute de goût, avec un travail sur le jeu d'acteurs remarquable de justesse. Ce qui n'étonne pas de la part de ce jeune metteur en scène de théâtre particulièrement imaginatif et talentueux.

Sur scène, une superbe équipe de jeunes chanteurs. Au risque de paraître injuste, car il faudrait tous les citer, signalons juste la présence magnétique de la soprano Francesca Aspromonte dans le rôle-titre et la prestation hors du commun du jeune contre-ténor polonais Jakub Jozef Orlinski, surgissant sur scène comme un diable de sa boîte pour se lancer dans un numéro stupéfiant de breakdance, avant de lancer, de sa voix aérienne et puissante, de divines vocalises.
 
Leonardo García Alarcón a dirigé d’une main de maître une Cappella Mediteranea très à l'aise et rendant à la perfection les affects et contrastes d'une partition absolument superbe. Réussite parfaite.

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