dimanche 1 avril 2018

Ophélie Gaillard et Haydn à Saint-Louis des Invalides

Ophélie Gaillard et son ensemble Pulcinella donnaient mercredi dernier, à Saint-Louis des Invalides, un très beau programme Haydn.

Tout d'abord, le concerto pour violoncelle en ut majeur, oeuvre célèbre, dont la partition n'a été retrouvée qu'en 1961, dans des archives du musée national de Prague.
  
L'effectif orchestral demande des cordes, bien sûr, mais aussi deux hautbois et deux cors, ce qui reste très léger. L'entendre joué sans les vents m'a surpris sans me troubler : il en résultait une clarté nouvelle, et aussi une certaine forme de fragilité et de retenue.

En ce jour si triste où la France venait de se recueillir en hommage au colonel Beltrame et à Mireille Knoll, Ophélie Gaillard a joué en leur mémoire une sarabande de Bach, avant d'enchaîner sur la seconde oeuvre du programme, de circonstance en ce mercredi saint, Les Sept paroles du Christ en croix.
  
Les Sept paroles sont une série de courtes phrases, les dernières prononcées par Jésus sur la croix avant de mourir. Elles ont inspiré de nombreux musiciens, Schütz, Pergolese, Gounod, Franck et aussi Joseph Haydn.
  
Commandée au musicien en 1786 par un prélat espagnol pour l'office du vendredi saint de Cadix, cette œuvre fut d'abord écrite pour orchestre, avant de connaître toute une série d'adaptations. La version pour quatuor à cordes reste néanmoins la plus fréquemment exécutée.
  
Le prêtre devait citer chaque parole du Christ, suivi par un accompagnement musical. Sept pièces, donc, que Haydn a complétées par une introduction et un finale, le terremoto ou tremblement de terre, page d'une force saisissante, voire effrayante, sur laquelle s'est conclu un concert d'une grande tenue.
  

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