lundi 19 mars 2018

Au pays du sultan mélomane

Opéra de Mascate - Photo Jefopera
C’est la fierté du sultan Qabous : Oman a été, en 2011, le premier Etat du Golfe à se doter d’un Opéra. L’honneur devait revenir à Dubaï, mais le projet a été reporté en raison de la crise immobilière de 2008.
  
Au terme d'un voyage inoubliable dans ce si beau pays, nous ne pouvions bien sûr quitter Mascate sans avoir visité l'Opéra royal.
  
Point de spectacle, malheureusement : les représentations de Norma venaient de s'achever et celles de Pagliacci ne devaient commencer que le lendemain de notre retour à Paris. 
  
Majestueux, bien sûr, mais sans ostentation,  l'édifice s'inscrit, comme la plupart des grands bâtiments publics édifiés ces dernières années (mosquée Sultan Qabous, Musée national), dans le  respect du style omanais, avec colonnades, terrasses et tours en pierres blanches ornées de stucs.
  
L'Opéra de Mascate a présenté en 6 ans 36 productions différentes, et la salle de 1 100 places affiche en permanence complet. Le succès est donc au rendez-vous.
   
Pour développer la programmation et l’attractivité de sa maison lyrique, le sultan a engagé Umberto Fanni, auparavant directeur artistique des Arènes de Vérone. L’institution ne produit pas encore ses propres œuvres mais achète des productions montées dans différentes maisons d’opéra, notamment en France et en Italie.

La saison 2017 2018 proposait ainsi Aïda par le Teatro Regio de Turin, La Sonnambula (Arènes de Vérone), Pagliacci par l'Opéra de Rome, Cendrillon, de Prokofiev, par le Ballet de l'Opéra de Lyon et Norma par l'Opéra de Rouen. 
  
Roberto Alagna et Marcelo Alvarez étaient à l'affiche, ainsi que l'Orchestre National de Russie, le violoniste Vadim Repin et plusieurs chanteurs arabes, dont Majid El Mohandes, Jahida Wehbe et Ali Al Haggar. Le public omanais a pu également applaudir Gilberto Gil, écouter Pierre et le loup, s'initier au tango et découvrir la danse contemporaine vietnamienne. 

Opéra de Mascate - Photo Jefopera
    
Amateur érudit, jouant lui-même de plusieurs instruments, le sultan Qabous a toujours voulu faire partager à son peuple sa passion pour la musique classique et l'opéra. Dès les années 80, il a ainsi lancé et personnellement supervisé la création d’un orchestre symphonique à Mascate. Il y a une dizaine d'années, la radio publique a elle-même lancé Oman Classic, une chaîne de musique classique.
  
L'inauguration de l'Opéra de Mascate a donné lieu à une représentation de Turandot, dans la mise en scène étincelante de Franco Zeffirelli que j'ai eu la chance de découvrir au MET, en 2000. Lorsque le rideau s'était ouvert, d'un coup, sur un palais impérial scintillant d'or et de lumière, une clameur d'émerveillement avait parcouru le public. Je m'en souviens comme si c'était hier.
  

2 commentaires:

Jean Claude Mazaud a dit…

Vu hier un doc sur Arte qui m'a bien intéressé, c'était superbe : patrie de Sindbad le marin, pays des mille et une nuits...
En prime, presque incroyable un théatre lyrique ! Un sultan qui aime la musique et l'opéra ne peut évidemment pas être mauvais...
On peut rêver : un abonnement pour la prochaine saison de l'opéra de Mascate (déplacements compris en classe "affaires"...)
Excellent week-end à tous les deux
Amitiés
PS : en ce moment je délaisse un peu le blog (pas très motivé...)

jefopera@gmail.com a dit…

Vu hier soir les deux volets de ce superbe et très intéressant reportage. Nous aimerions bien y retourner, notamment dans la région du Sud que nous n'avons pas visitée. Le pays est effectivement magnifique et les gens ouverts, accueillants et vraiment très sympas. Pour l'opéra, il faudra revenir car on n'y jouait rien la semaine de notre séjour à Mascate, mais quel beau bâtiment !

Amitiés

JF