lundi 5 février 2018

Beczala au Pays du sourire

Piotr Beczala, Le Pays du sourire, Opéra de Zürich
Arte a diffusé, il y a quelques jours, une captation du Pays du sourire, opérette de Franz Lehar.
  
Jouée pour la première fois en 1929, quelques jours avant le krach, elle raconte l’histoire d’amour contrariée entre Lisa, une jeune comtesse viennoise et Sou-Chong, un prince chinois.
  
Les deux protagonistes se rencontrent à Vienne, où ce dernier est ambassadeur. Lorsqu’il annonce à Lisa qu’il est rappelé en Chine pour devenir Premier ministre, elle décide de le suivre à Pékin. Mais la jeune femme doit composer avec des différences culturelles qui se révèlent au fil de l'action de plus en plus insurmontables. Si bien que le couple se résout à se séparer, Lisa décidant de rentrer en Europe. C'est une histoire un peu triste et pleine de douceur sur le renoncement amoureux, noble sentiment bien passé de mode.
  
A la baguette, Fabio Luisi sert à merveille une partition étincelante et pleine d'élégance, dont les audaces harmoniques orientalisantes semblent échappées de Turandot ou de Madame Butterfly -Puccini et Lehar étaient d'excellents amis.
 
Dans cette production de l’Opéra de Zurich, le metteur en scène allemand Andreas Homoki a eu la bonne idée de simplifier les choses en supprimant des personnages secondaires et en taillant à la serpe dans des dialogues parlés, souvent ennuyeux pour le spectateur non germanophone. L’idée étant de mettre l’accent sur le couple formé par Lisa (Julia Kleiter) et Sou-Chong (Piotr Beczala).
  
Formidable Beczala, qui relève brillamment le défi d'un rôle écrit sur mesure pour Richard Tauber, un rôle qui demande vaillance, sensibilité et la touche d’élégance viennoise qui fait le charme irrésistible de ce répertoire. Sachant jouer sur les deux aspects du personnage, le ténor polonais se montre à la fois ardent et résigné, solaire et mélancolique, illuminant sans cesse le spectacle de sa voix rayonnante.
 

 

1 commentaire:

Jean Claude Mazaud a dit…

J'avais enregistré cette diffusion d'Arte... Ce que tu dis est exact (mise en scène, Beczala..). Mais le hic pour moi, c'est que le courant a eu du mal à passer et je me suis passablement ennuyé : question d'humeur peut-être...J'ai effacé l'enregistrement.
Amitiés
JC