vendredi 13 octobre 2017

Cordes et piano à Saint-Louis des Invalides

Abdel Rahman El Bacha
Cela faisait un moment que je souhaitais entendre l'Orchestre d'Auvergne en concert.
 
Voilà chose faite, hier soir, à l'occasion d'un très beau concert donné dans le cadre de la Saison musicale du Musée de l’Armée.

Fondé en 1981, l’Orchestre d’Auvergne a la particularité d’être l’un des rares orchestres à cordes français. Depuis 2012, il est dirigé par Roberto Forés Veses, un jeune chef espagnol plein de talent qui a su lui insuffler une belle dynamique artistique.
 
Quatre disques très réussis sont issus de leur collaboration : les quatuors op. 94 et 131 de Beethoven dans une version pour orchestre à cordes, les sérénades de Tchaïkovsky et Sibelius, des concertos pour trompette du 20ème siècle (Jolivet, Delerue, Beffa….) avec Romain Leleu et des concertos pour harpe, également du siècle dernier (Rodrigo, Debussy, Castelnovo Tedesco), avec Naoko Yoshino.
 
Le concert d’hier soir s’ouvrait sur le premier concerto de Chopin, celui en mi mineur, œuvre bien connue qui fût donnée pour la première fois le 11 octobre 1830 à Varsovie, au Théâtre national, lors de son concert d'adieu, Chopin étant alors loin d’imaginer qu’il ne reverrait plus jamais son pays natal. L'œuvre est dédiée à Friedrich Kalkbrenner, ami de Chopin et auteur lui-même de plusieurs concertos pour piano très réussis que l’on aimerait entendre au concert.
 
La partie d’orchestre avait bien sûr été adaptée à l’effectif de la formation auvergnate. Je me demande d’ailleurs si elle n’a pas été en fait réadaptée de la réduction pour quintette à cordes que j'ai récemment écoutée pour la première fois, à l'occasion de la parution de l'enregistrement d'Hélène Cartier-Bresson (http://jefopera.blogspot.fr/2014/03/concertos-en-quintettes.html).
 
Une adaptation qui, dès la longue introduction orchestrale du premier mouvement, m’a néanmoins laissé un peu perplexe, et que j'ai trouvée compacte, voire un peu confuse, me demandant si cette impression provenait du jeu de l’Orchestre ou de la réverbération, inévitable dans la cathédrale Saint-Louis.
 
Impression cependant totalement dissipée lorsque, seul cette fois, l’Orchestre a joué l’un de ses chevaux de bataille, la Sérénade pour cordes en ut majeur op. 48 de Tchaïkovsky. Sous la baguette vigoureuse de leur chef, les musiciens auvergnats en ont donné une interprétation en tous points magistrale, marquée notamment par un soin remarquable dans la précision des attaques et l’équilibre des pupitres.
 
Dégagée de toute épaisseur, exempte du pathos que l’on associe souvent aux œuvres de Tchaïkovsky, la Sérénade est apparue ardente et limpide, rêveuse et pleine de vie, gagnant énormément à l’approche quasi chambriste adoptée.
 
Mais revenons à Chopin, pour saluer la belle prestation du pianiste libanais Abdel Rahman El Bacha, qui a déployé, sur un Bechstein dont la sonorité surprend elle aussi, un jeu d’une grande pureté, à la fois subtil, tendre, profond et tout en nuances.
 

2 commentaires:

Jean Claude Mazaud a dit…

Tout comme toi, j'ignorais cette "activité" des Invalides...Impardonnable d'autant que les Invalides sont souvent le but de nos promenades !
Ainsi peut-être aujourd'hui avec ce beau soleil...
Déception hier soir avec "La flute enchantée" du Met (il est vrai que je ne raffole pas de cet opéra)
Bon dimanche donc

jefopera@gmail.com a dit…

C'est peut-être à cause des dialogues en allemand qui cassent le rythme ? J'ai également souvent été déçu par les mises en scène de La Flûte enchantée.

Bonne semaine

JF