dimanche 16 avril 2017

Plongée fascinante dans les coulisses de l'Opéra de Paris


L’Opéra de Paris est un lieu d’excellence où seul le résultat final compte, c’est-à-dire la représentation, ce qui va être vu et entendu par le public. Bien sûr ce n’est pas ce qui m’intéressait. Moi, je voulais montrer le travail, ce moment où s’expriment la difficulté et parfois les conflits. Au fond, ma quête s’arrêtait là où le spectacle commençait.
  
Sans aucun commentaire ni interview, par le seul effet du montage, le film de Jean-Stéphane Bron nous entraîne dans le monde fascinant des coulisses de l'Opéra de Paris.
  
Plusieurs séquences particulièrement marquantes, notamment les derniers réglages de Moïse et Aaron, avec l'installation sur scène d'un taureau d'une tonne et demi, et les débuts très émouvants de Micha Timoshenko, le jeune baryton-basse russe sélectionné pour entrer à l’Académie de l'Opéra. Il y a aussi ces minutes inoubliables où l'on voit les régisseuses en cabine chanter en même temps que le ténor l'air de concours de Walter dans Les Maîtres Chanteurs.

Autres séquence émouvante avec les « petits violons », élèves d'une classe de CM2 en ZEP, dont on suit le travail en vue d'un concert. A la fin, la marraine qui les encourage glisse à l'oreille d'un petit qu'avec la musique, il va entrer pour toute sa vie dans un monde magique. Ça, nous le savons depuis longtemps.
  
On se glisse dans une réunion de direction où en quelques échanges, tout est dit sur l'équilibre financier introuvable, entre baisse des subventions publiques, montée des coûts et volonté de maintenir des prix de billets abordables.
  
Des scènes plus tendues, aussi, avec la gestion d'un préavis de grève et celle du départ mouvementé de Benjamin Millepied, que l'on voit prononcer quelques mots d'adieu maladroits devant ses danseurs, lesquels lui répondent par un silence écrasant qui en dit long sur le malaise qui régnait.
  
J’ai voulu montrer l’élan qui pousse les membres de cette Société - Opéra à œuvrer pour un projet commun : faire en sorte que le rideau se lève malgré tout, que le spectacle ait lieu. Derrière les individualités que je filme, un collectif se dessine, c’est ce qui m’intéressait explique Jean-Stéphane Bron. Un collectif au service de l'excellence et de la perfection
   

2 commentaires:

Jean Claude Mazaud a dit…

Nous nous sommes précipités pour voir ce film !!! Je me suis permis de citer ton article...
Très amicalement
JC

jefopera@gmail.com a dit…

C'est un documentaire passionnant, d'où l'on sort, au bout de deux heures, en regrettant que le film soit déjà fini.

Amitiés

JF