samedi 22 avril 2017

Karajan à Tokyo

Septembre 1957 : des centaines de japonais font la queue une nuit entière afin de se procurer des places pour un concert exceptionnel : la Philarmonie de Berlin et son chef Herbert von Karajan se déplacent au Japon. 
  
C'est bien évidemment le clou de la saison : plus de 600 VIP sont attendus, dont plusieurs membres de la famille impériale. Les plus modestes quotidiens de province font leur une de l'événement.
  
Le Japon compte déjà un large public mélomane mais la plupart des commentateurs de l'époque s'accordent à penser que cette visite de Karajan a eu un effet déterminant dans la popularisation de la musique classique occidentale. Le succès fût en effet immense et le chef retourna au Japon pour une autre tournée, deux ans plus tard, cette fois avec la Philarmonie de Vienne.
  
Les concerts sont retransmis par la télévision japonaise, et on estime à plus de 20 millions le nombre de personnes qui les ont suivis. A plusieurs reprises, Karajan a expliqué que cette expérience avait joué un rôle déterminant dans le lancement de ses enregistrements filmés.
   
Bel aperçu de la grande tradition allemande, le programme du concert de Tokyo comporte trois morceaux de bravoure : l'ouverture des Maîtres Chanteurs de Nuremberg de Wagner, Don Juan de Richard Strauss et la cinquième de Beethoven.
  
La maison italienne Dynamic a édité il y a quelques années la captation de ce concert historique par la télévision japonaise. 
  
Concentration proche de la méditation, précision chirurgicale dans les gestes, Karajan dirige à son habitude, les yeux clos. La dynamique de l'orchestre est impressionnante et sa sonorité déjà incomparable, limpide, lumineuse mais aussi caressante et veloutée. Un très beau document.
   

1 commentaire:

Jean Claude Mazaud a dit…

Ignorant que je suis ! je n'avais pas idée que la musique occidentale était appréciée au Japon...
Amitié
JC