vendredi 14 avril 2017

"De presque rien à presque rien", travail photographique de Nikita Erphene

Nikita Erphene - De presque rien à presque rien
Nikita Erphene - De presque rien à presque rien
Nikita Erphene - De presque rien à presque rien
Objets inanimés, avez-vous donc une âme
qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ?
  
C'est par ces deux vers célèbres des Harmonies poétiques et religieuses de Lamartine que le photographe Nikita Erphene présente son nouveau travail, une série de tirages photographiques combinant une attitude postmoderne et un regard extra-occidental sur le classicisme.
  
De presque rien à presque rien propose une synthèse entre iconographie antique et nouvelles technologies numériques, deux mondes fixes, sculpture et photographie, 
  
L'image de départ est celle de La Jeunesse, une oeuvre du sculpteur Luigi Bienaimé, datant de 1855 et conservée au Musée de l'Ermitage de Saint-Saint-Pétersbourg.
  
Laissons le photographe décrire son travail :
  
Dévier le sens originel par une mise en scène photographique pour apporter une autre naissance à l’œuvre. 
  
Rendre à la statue son caractère humain, que l’oeuvre s’efface face au modèle. 
  
Avec la lumière, envelopper, caresser et ranimer le regard froid pour éveiller des vérités mystifiées de ces souvenirs endormis. 
  
Avec les ombres, faire que le marbre redevienne chair, que disparaisse le visible pour rendre à l’œuvre son âme et lui donner, comme dans le théâtre des masques, une émotion nouvelle.
  
Avec le cadrage, qu’on s’intéresse à un détail ou à une entité, l’impact original de l’œuvre est toujours préservé. 
  
Et on découvre tantôt le vrai visage du modèle, tantôt c’est un masque : un mystère se résout, un autre s’épaissit. 
  
Que ce soit l’un ou l’autre, un nouveau regard apparaît et leur identité est conservée. Plus anonymes que l’artiste lui même, les modèles prennent vie et nous font oublier le caractère désincarné des œuvres célébrées. 

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