dimanche 19 mars 2017

Pharaonique

Sur les murs du métro, on voit depuis plusieurs semaines une affiche publicitaire annonçant, pour le 23 septembre prochain, le retour d'Aïda au Stade de France.
  
Le communiqué de presse précise que "la mise en scène pharaonique proposera une scène de 85 mètres de large avec des décors somptueux et des écrans digitaux géants. 800 acteurs, accompagnés de chevaux et de chars de combats, redonneront ainsi vie à l'Egypte antique pour créer l'événement de l'opéra le plus spectaculaire de 2017.
  
Plácido Domingo - chanteur, chef d’orchestre, directeur général de l’Opéra de Los Angeles, Ambassadeur particulier de l‘UNESCO et promoteur de jeunes talents - a voulu développer un spectacle qui toucherait un large public, grâce à l’héritage de l’opéra et le succès des grands ténors des années 90. Nommé deux fois dans le livre Guinness des records pour ses 147 rôles et plus de 3 800 performances, le rêve d'une vie devient réalité :
  
"Cela a toujours été un rêve de mettre une fois en scène le grand, très grand Opéra. J’apprécie énormément le public français et me réjouis particulièrement de jouer à Paris".
  
Il y a une vingtaine d'années, j'avais assisté à une représentation particulièrement belle d'Aïda, dans le superbe petit opéra de Rennes. Un orchestre guère plus fourni que pour une symphonie de Mozart, des décors simples, une grande proximité du public avec les artistes firent qu'Aïda m'apparut pour la première fois comme un opéra bien plus délicat que spectaculaire, écrit avec un grand raffinement et orchestré avec une subtilité remarquable.
  
Il est bien peu probable que le public du Stade de France perçoive et apprécie tout cela, mais je me garderai bien de balayer d'un revers de main la production qui se prépare.
  
Je n'oublierai jamais en effet que j'ai vu pour la première fois Carmen en 1980, au Palais des Sports, dans une production à grand spectacle de l'Opéra de Paris, qui avait, pour de mystérieuses raisons -peut-être des travaux- quitté quelques mois la scène du Palais Garnier. Certes, j'étais tellement mal placé que je n'ai pas vu grand chose. Je ne me souviens plus vraiment de qui chantait Carmen, mais me rappelle qu'Alain Vanzo était sur scène. Seulement, l'acoustique était tellement catastrophique que je ne l'ai qu'à peine entendu chanter.
  
Mais la magie de l'opéra avait fait effet, et sitôt rentré à Poitiers, je m'étais précipité chez mon vieux disquaire à blouse blanche de la rue Gambetta pour acheter la version de Georges Prêtre avec la Callas.
  
Gardons bien à l'esprit que des millions de personnes ont découvert et aimé l'opéra grâce à la télévision, au cinéma et peut-être aussi aux spectacles du Stade de France. Toutes les initiatives visant à le faire découvrir et aimer sont donc salutaires, y compris les plus pharaoniques. 
   
D'autant que la distribution proposée par la production du Stade de France apparaît très convenable puisqu'on verra sur scène Liudmyla Monastyrska dans le rôle titre, Ekaterina Gubanova dans celui d'Amnéris ainsi que Fabio Sartori pour Radamès et Stefan Kocan dans le rôle de Ramsès.
  

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