jeudi 24 novembre 2016

Sevilla, ciudad de Opera

Séville, Plaza de Espana - photo Jefopera
Au terme d’une superbe semaine à Grenade et Séville, j’ai eu envie d’aller regarder de plus près comment les compositeurs et librettistes d’opéras s’étaient inspirés, dans leurs œuvres, de l’histoire, des décors et des personnages andalous.
  
Déjà, quatre parmi les dix opéras les plus souvent joués ont Séville pour scène. Ce qui est unique. J'hésite à les citer tellement ils sont connus (Don Giovanni, Les Noces de Figaro, Le Barbier de Séville et Carmen).
  
Aussi célèbres bien qu'un peu moins souvent joués, Fidelio (1814) et La Force du Destin (1862) se déroulent également à Séville.
  
Et ce ne sont pas les seuls : un musicologue espagnol érudit a en effet identifié plus de 100 opéras (105 exactement) dont l'intrigue a Séville pour décor.
  
Sans les citer tous, on peut déjà mentionner, pour commencer, les deux opéras peu connus et tirés de l’œuvre de Beaumarchais dont Mozart et Rossini se sont inspirés pour composer leurs chefs d’œuvre : Il Barbiere di Siviglia (1784) de Paisiello et le Don Giovanni Tenorio (1787) de Gazzaniga.
  
Donizetti a été particulièrement inspiré par l’Andalousie, avec au moins trois opéras se déroulant à Grenade (ce sera le sujet de mon prochain article) et deux à Séville, La Favorita (1840) et Maria Padilla (1841).
  
Séville, Alcazar - Bains de Maria Padilla - photo Jefopera
C’est en visitant l’Alcazar de Séville que j’ai entendu parler de cette beauté fatale, maîtresse du roi de Castille Pierre le Cruel, qui se fît aménager de somptueux bains sous les salles de réception du palais. 
  
Le roi n'était pas d'un caractère commode et il aimait dit-on les femmes à l'hygiène irréprochable. En tout cas, les bains semblent être restés intacts depuis le 14ème siècle.
  
Je n’ai en revanche jamais écouté cet opéra. Pourtant, d'après les spécialistes, il recèlerait quelques remarquables morceaux, notamment des fins d’acte très bien menées sur un plan dramatique.

Citons encore Le Diable à Séville (1831) de Colomer, un musicien espagnol, L'Etoile de Séville (1845) de Balfe et Giralda (1852) de Cagnoni -un compositeur milanais du milieu du 19ème siècle, dont j’avais évoqué avec enthousiasme le Don Bucefalo.


Le 20ème siècle n’est pas en reste, avec au moins cinq opéras sévillans : Conchita (1911) de Zandonai (1911), L'ombra di Don Giovanni (1914) d’Alfano, Les Fiançailles au couvent (1946) de Prokofiev et Il Cordovano (1948) de Petrassi. Sans oublier le dernier et méconnu volet de la Trilogie de Beaumarchais, La Mère coupable, mis en musique en 1966 par Darius Milhaud.
  
L’Office de tourisme de Séville a publié une petite brochure recensant les lieux où se déroulent Carmen, Le Barbier, Les Noces et Don Giovanni. Un document très bien fait, qui propose de suivre 3 itinéraires dans les rues de la ville, permettant de découvrir, entre autres, la maison de Rosine, le palais de la famille de Don Juan, et l'usine de cigares de la Carmen.
  
Le problème, c’est que je suis tombé dessus une fois rentré à Paris, ce qui m'a un peu vexé, mais finalement surtout donné un excellent motif pour revenir boire du manzanilla près des remparts de Séville.
 


2 commentaires:

Jean Claude Mazaud a dit…

Belle idée d'article, heureux voyageur !
A propos de Carmen :
je crois me souvenir que la fabrique de cigares (superbe bâtiment) abrite maintenant l'Université...
j'ai du mal avec la Carmen de Callas...
Excellent week-end
Amitiés de
JC

jefopera@gmail.com a dit…

Tes souvenirs sont exacts : les locaux de l'Université sont toujours installés dans l'ancienne fabrique de cigares, d'immenses et très beaux bâtiments du XVIIIème siècle, en face de l'hôtel Alphonse XIII.

La ville est superbe, d'une très grande propreté, avec de magnifiques édifices très bien entretenus. On y visite de somptueux palais, des églises impressionnantes de richesse et, bien sûr, l'ensemble cathédrale et Alcazar classé au Patrimoine mondial.

Nous voulions aller à Cordoue mais sommes restés à Séville tant il y a de belles promenades à y faire. Ce sera pour la prochaine fois (avec les itinéraires opéra).

Bonne journée

JF