samedi 1 octobre 2016

Arnold Schönberg, peintre de l'âme

Arnold Schönberg - Autoportrait bleu
Compositeur, théoricien et enseignant, poète, peintre, chef de file de la Seconde École de Vienne et inventeur du dodécaphonisme, Arnold Schönberg (1874-1951) est l'objet d'une exposition passionnante, présentée jusqu'au 29 janvier 2017 par le Musée d'art et d'histoire du judaïsme, rue du Temple.
  
Conçue en étroite collaboration avec le Centre Arnold Schönberg de Vienne, c'est la première manifestation parisienne consacrée à Schönberg, musicien bien sûr mais aussi peintre, depuis celle du musée d’Art moderne de la ville de Paris en 1995. 
  
Bénéficiant de prêts exceptionnels, elle met en lumière, à travers 300 œuvres et documents, la qualité singulière de cette production, en la situant dans son contexte artistique viennois. Des peintures et dessins de Richard Gerstl, Egon Schiele, Oskar Kokoschka, Max Oppenheimer et Kandinsky, contemporains et amis du musicien, sont également présentés.
  
J'ai découvert qu'à partir de décembre 1908 et pendant quelques années, Schönberg a peint une série de tableaux d'une qualité et d'une force exceptionnelles, dans laquelle les autoportraits et les portraits de ses proches voisinent avec des caricatures, des scènes de nature ou des études de décor pour ses opéras.
  
Autodidacte, Schönberg entre dans le monde de l'avant-garde musicale viennoise par l’intermédiaire de Gustav Mahler et surtout du compositeur et chef d’orchestre Alexander von Zemlinsky, dont il épouse la fille -le mariage se terminera d'ailleurs tragiquement, par l'adultère et le suicide de l'épouse de Schönberg.
  
Cette exposition aborde également la relation tourmentée que Schönberg entretint avec sa judéité. Converti au protestantisme en 1898, il revint en effet au judaïsme à Paris en 1933, avant son exil aux États-Unis.
  
Plusieurs découvertes surprenantes dans la production protéiforme du musicien viennois, notamment un curieux jeu d'échec à quatre joueurs inspiré par la guerre de 14 et des cartes à jouer aux figures grotesques et inquiétantes.
  
Dans chaque salle, on peut s'asseoir pour écouter les œuvres du compositeur, revoir en partie le Moïse et Aaron produit l'an dernier à l'Opéra de Paris et écouter Léonard Bernstein expliquer la musique dodécaphonique, avec le talent et l'humour qu'on lui connaît.
 




2 commentaires:

Jean Claude Mazaud a dit…

Je reprend le commentaire que j'avais fait, en novembre 2015, sur ton article consacré au "Moise et Aaron de l'opéra Bastille :
" Très curieux de connaître cette œuvre réputée pour le moins austère, j'ai donc enregistré l'opéra retransmis sur Arte...
Hélas le miracle n'a pas eu lieu ...pour moi !
Déjà le livret de cet opéra incantatoire m'a laissé plutôt indifférent.
Je n'ai pas été plus séduit par le dodécaphonisme (je ne suis évidemment pas en mesure de juger la direction de Jordan partout encensé...)
J'ai eu donc l'impression d'assister à un spectacle ennuyeux et sans âme avec, il est vrai, des images parfois saisissantes (surtout au 1° acte).
Au second acte, j'ai espéré, en vain, que le taureau (présent sur scène???) allait remuer tout ça en improvisant une petite corrida !!!
Coté interprétation Moise et les chœurs m'ont paru convaincants (je n'ai pas aimé Aaron)
Je suis donc passé à coté de la plaque.."
Pour mémoire donc, mais cela ne m'a pas empêcher d'apprécier ton excellent article;
Je ne savais pas que Schönberg était également peintre : bien aimé son autoportrait bleu....
Très amicalement
JC

jefopera@gmail.com a dit…

Moi non plus, je ne connaissais pas du tout cet aspect du talent de Schönberg, très surprenant. On peut admirer de nombreux tableaux, une bonne vingtaine, sans doute davantage, et tous sont très intéressants, avec une force expressive surprenante.

L'expo est vraiment très bien faite, avec beaucoup d'intelligence, sans aucune lourdeur ni baratin abscons ou superflu. Elle donne vraiment envie d'aller plus avant dans l'œuvre, effectivement pas facile, de ce compositeur.

J'ai réécouté la semaine dernière Pelleas et Mélisande et surtout les Gurre Lieder, une œuvre encore très post-romantique, avec une orchestration époustouflante, qui permet d'entrer facilement dans le monde du compositeur.

Très bonne semaine

JF