vendredi 16 septembre 2016

Racha Arodaky joue les préludes de Scriabine

C’est au cours d’un concert Bach, au Goethe Institut, que j’ai connu Racha Arodaky, merveilleuse pianiste d’origine syrienne. Ce récital annonçait la publication d’un disque consacré aux partitas 1, 2 et 3.


Impressionné par la poésie et le velouté de son jeu, j’ai voulu aller un peu plus loin, remonter le temps en écoutant ses enregistrements antérieurs consacrés à Mendelssohn, Schumann et Scriabine.

Scriabine, dont Racha joue les préludes, des pièces que je ne connaissais pas, à l’exception peut-être d’une ou deux qu’Horowitz aimait à donner en bis.

Le premier cycle, celui de l’opus 11, a été conçu entre 1888 et 1896. Il s’inscrit dans la voie tracée par Chopin : 24 préludes, étagés sur un plan tonal allant dans le sens des dièses.

Scriabine composera par la suite d’autres préludes mais il est difficile de parler de cycles car on ne compte que quelques morceaux dans les opus 13, 15, 17, 22 et 27.

Du début à la fin, ce disque est un pur ravissement. Les préludes sont de superbes petits bijoux, d'une grâce infinie, dont l’art subtil m'a fait penser à celui des haïkus.

La structure de ces courtes pièces est assez constante : exposition, transposition le plus souvent à l’octave puis conclusion, en douceur ou avec brio. De prélude en prélude, le compositeur oscille entre écriture en lignes mélodiques et composition en motifs rythmiques, chaque pièce pouvant assez aisément se rattacher à l’une des deux catégories.
 
Au-delà de la technique, les préludes témoignent d'une grande inventivité musicale, revêtant ainsi l'aspect de courtes improvisations. Ce n’est donc pas un hasard si plusieurs d'entre eux ont été repris comme standards par des musiciens de jazz.

Ici Chick Corea avec le prélude op. 11 n° 2 :
  

Mais revenons à l’interprétation de Racha Arodaky, délicate, nuancée, d’un très beau lyrisme, qui convient tout particulièrement à ces miniatures d'une grande délicatesse.

L’enregistrement est de surcroît servi par une prise de son d’une très grande qualité, qui rend parfaitement hommage à la sonorité profonde et sensuelle du piano Steingraeber sur lequel joue la pianiste. Le disque s’est de ce fait rapidement imposé comme une référence.

Racha joue ici le prélude op. 17 n° 3 :




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