dimanche 10 juillet 2016

Au temple des vestales avec Massenet (Un été à Rome, 4)

Forum romain, temple des Vestales
A l'extrémité orientale du Forum Romain, près du temple de Castor et Pollux, on découvre les restes d'un bel édifice rond, le temple des vestales.
 
Dans son aspect actuel, il date du IIIème siècle avant JC mais son origine remonte au VIème siècle, aux tous premiers temps de Rome. D'ailleurs, la forme ronde du temple serait le souvenir d'une hutte primitive.
 
Resté quasiment intact pendant tout le Moyen Âge, il servit malheureusement de carrière à la Renaissance et son marbre fût réemployé dans la construction d'églises et de palais.
 
Les vestiges du temple furent mis au jour lors de fouilles archéologiques effectuées au XIXe siècle. Les ruines visibles aujourd'hui sont toutefois le résultat d'une reconstruction entreprise dans les années 30. Elles comprennent une partie du podium et des fondations, trois colonnes et l’entablement qu'elles supportent, ainsi que la portion du mur de la cella correspondant à la même section.
 
Au nombre de quatre, puis six, puis sept, les vestales étaient choisies très jeunes dans des familles patriciennes. Elles devenaient prêtresses pendant 30 ans, faisaient vœu de chasteté, et gare à celle qui succombait car elle était alors enterrée vivante.

Mais leur statut présentait aussi des avantages : elles n'étaient pas cloîtrées, jouissaient d'un prestige considérable, échappaient à l'autorité paternelle et pouvaient même gracier un criminel.
 
Le temple abritait plusieurs objets rituels et surtout le foyer dans lequel brûlait le feu sacré. Il était intimement lié à la fortune de la ville et son extinction était considérée par les Romains comme un signe annonçant des désastres imminents.
 
C'est d'ailleurs ce qui se passe dans un opéra méconnu de Massenet, Roma, le dernier créé du vivant du compositeur.
 
Roma est l’adaptation de Rome vaincue, une tragédie en cinq actes d’Alexandre Parodi écrite en 1876 pour Sarah Bernhardt. Un drame patriotique qui eût beaucoup de succès après la guerre de 1870 et qui émût Massenet lorsqu’il le relut, en 1902.
 
J’ai écrit Roma d’une façon anti-moderne explique le compositeur. C’est une tragédie antique où tout est franc, net et précis, et mes personnages parlent en cadence, sur les accords les plus parfaits qui soient. De fait, cette musique austère déconcerta le public de 1912, qui n’y trouva ni la sensualité de Manon ou de Thaïs, ni les ballets, les fanfares et les cortèges du grand opéra. Par son économie de moyens et sa volonté de grandeur, Roma est donc une œuvre à part dans la production de Massenet.
 
L'histoire se déroule dans la Rome antique après le triomphe carthaginois de la Bataille de Cannes. Fausta, fille de Fabius, a laissé s'éteindre les feux sacré du Temple de Vesta, ce qui la condamne à être enterrée vivante dans un linceul noir. Alors qu'elle est menée vers son lieu d'exécution, sa grand-mère aveugle, Posthumia, lui tend la dague de Fabius. Mais les mains de Fausta sont liées et Posthumia se résout à poignarder elle-même sa petite-fille afin de lui épargner une mort atroce. Rideau !
     

2 commentaires:

Jean Claude Mazaud a dit…

Je ne m'attendais pas à rencontrer Massenet dans ton périple...
J'ai bien aimé le prélude de l'acte 3 que tu proposes.
Excellente soirée !
JC

jefopera@gmail.com a dit…

Bien dommage en effet que cet opéra soit un peu tombé aux oubliettes ; il faudrait que j'en trouve une version intégrale de bonne qualité.
Bonne journée
JF