lundi 18 juillet 2016

A la Villa Médicis avec Saint-Saëns (Un été à Rome, 5)

Villa Médicis - photo Jefopera
Camille Saint-Saëns et le Prix de Rome, étrange rapprochement pour un compositeur qui n’obtint jamais la récompense tant convoitée, et n'a donc jamais séjourné à la Villa Médicis.
  
Il se présenta pourtant à deux reprises au concours et ce, chose unique dans l’histoire du Prix de Rome, à douze ans d’intervalle, en 1852 puis en 1864. 
  
La première fois, c’est encore un adolescent vouant à Mendelssohn un culte exclusif ; la seconde fois, il a découvert Verdi et Wagner, composé lui-même de nombreuses œuvres musicales et connu le succès.
    
En 1856, entre ses deux tentatives, Saint-Saëns écrit une symphonie dans laquelle il évoque Rome succombant sous les coups des barbares d'AlaricUrbs Roma, c'est son nom, est jouée pour la première fois le 15 février 1857.

Voulant inclure une symphonie française dans cette série, j'ai un peu hésité avec Roma de Bizet mais cette partition bavarde ne m'a pas vraiment inspiré. Je consens que celle de Saint-Saëns n'est pas non plus un pilier majeur de l'histoire de la musique, mais bon....
   
Quelques accords de fanfares lancent une introduction lente, qui peut faire penser à celle d'une symphonie de Beethoven. Le développement rapide qui suit, avec ses rythmes légèrement capricieux et ses développements en arpèges dans les cordes, m'a en revanche fait penser à Schumann.
   
Le deuxième mouvement est un scherzo animé, en mineur, assez virtuose, notamment pour les bois. Le mouvement lent en fa mineur qui le suit est quant à lui assez curieux. Je suppose que cela est censé être un enterrement mais il m'a fait penser, et je demande d'ores et déjà pardon aux lecteurs distingués et érudits qui me feront l'honneur de lire ce billet, à une limace géante rampant sur un chemin de campagne.
   
Le dernier mouvement est le plus réussi de la symphonie. Il adopte la forme inhabituelle d'un menuet doux et calme, avec plusieurs variantes, montrant, au fil de celles-ci, de plus en plus d'ingéniosité mélodique et rythmique. Il m'a paru en fait très proche d'une musique de ballet.

Bon, tout cela ne donne pas d'indication sur le lien avec la chute de Rome, Alaric et les barbares. Et s'il existe un programme précis, je n'ai pas réussi à mettre la main dessus. Que chacun laisse donc vagabonder son imagination.

Dans les années 70, Jean Martinon a enregistré les symphonies de Camille Saint-Saëns avec l'Orchestre de l'ORTF et laissé d'Urbs Roma une très bonne version.



1 commentaire:

Jean Claude Mazaud a dit…

Bien en retard dans ton périple romain...
Je connais bien mal St-Saëns (à part "Sanson..." que j'aime beaucoup, un des premiers opéras que j'ai écouté.)
Amitiés de Jc