dimanche 19 juin 2016

Vienne au Festival de Saint-Denis

Le Festival de Saint-Denis se termine en beauté avec un concert très viennois de l'Orchestre de Chambre de Lausanne, mené de main de maître par le jeune chef Joshua Weilerstein.
  
En soliste, Adam Laloum, qui est déjà venu à Saint-Denis en 2013 pour un programme violon et piano.

Le pianiste toulousain n'est plus à présenter. Vainqueur du concours Clara Haskil de 2009, il se produit aujourd'hui dans le monde entier, seul, en formation de chambre ou en concertiste. Notons d'ailleurs qu'il sera de nouveau à Paris, le mois prochain, à Bagatelle. Il a publié plusieurs enregistrements très remarqués, l'un consacré à Brahms, l'autre à Schumann, le troisième, avec l'altiste Lise Berthaud, pour les sonates de Schubert et de Brahms.
  
Le concert commença par la 98ème symphonie de Haydn, partition assez grave, d'une très grande maîtrise d'écriture, dont le second mouvement s'ouvre sur les premières notes du God save the King. Au-delà de ce clin d’œil au public londonien à qui la symphonie était destinée, le musicologue britannique Donal Tovey a vu dans cette page une sorte de Requiem pour Mozart, dont Haydn, quand il composa l'oeuvre, venait d'apprendre la mort.

On remarque ainsi dans ce superbe adagio une quasi citation de l'andante de la Symphonie Jupiter. Très tourmenté, faisant appel à une écriture contrapuntique très soutenue, le développement du mouvement traduit surtout l'immense tristesse que ressentit Haydn quand il apprit le décès de celui pour lequel il éprouvait autant d'affection que d'admiration.
  
Suivit le célèbre 23ème concerto, dont Laloum donna une lecture d'une très grande sensibilité, toute en finesse, en musicalité et en émotion. Et je me dis que ce n'est pas un hasard si le concours qu'il a remporté en 2009 porte le nom de Clara Haskil. Le pianiste offrît en bis deux morceaux de Schubert, l'air russe en fa mineur (3ème des Moments musicaux) et le poignant andante de la 13ème sonate en la majeur, qui est une pure merveille.
  
Le concert s'est terminé par la 38ème symphonie Prague, l'une des plus belles de Mozart. Des tonnerres d'applaudissements, de nombreux rappels pour ce moment fort du Festival qui a encore une fois tenu toutes ses promesses.
  

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