dimanche 5 juin 2016

Musique classique

Lorsque j'étais jeune, on parlait encore de "grande musique" pour définir la musique occidentale dite "savante" écrite au cours des quatre derniers siècles. Si, depuis, le terme "musique classique" s'est imposé un peu partout, il relève pourtant d'un abus de langage.

L'adjectif "classique" appliqué à la musique revêt en réalité une acception plus limitée que celle communément admise. On admet en effet généralement qu'il qualifie une période assez précise de l'histoire de la musique qui débute dans les années 1770, à la fin de l'époque dite "galante" ou "pré-classique" qui succéda au baroque, pour s'achever vers 1830, avec l'installation définitive du romantisme.

Selon l'encyclopédie Larousse, le classicisme musical évoque une façon de penser et de sentir, une tournure d'esprit se manifestant par une maîtrise de la forme, la recherche d'un plan, une structure régulière, un langage harmonique et un programme tonal, une certaine réserve dans l'expression, la carrure régulière de la mélodie, l'emploi de rythmes simples.

Les compositeurs classiques développent un style plus simple, associant clarté, mesure et équilibre, remettant en cause la complexité de la musique baroque, dont les polyphonies et les ornements prennent souvent le pas sur l'expressivité et la mélodie.

Le style classique est également indissociable de la forme sonate, à qui Haydn, Mozart, Beethoven donnent sa structure définitive, et même une telle importance que toute composition instrumentale en adoptera désormais le plan... quitte à le bousculer sitôt après.

La perfection formelle ne suffit toutefois pas à caractériser le classicisme musical. Essayons d'aller un peu plus loin.
  
A partir de la fin du 18ème siècle, idées, formes et techniques semblent soulevées d'un même mouvement créateur. Deux tendances intellectuelles parcourent l'Europe. D'un côté, le goût de la clarté, de la simplicité, de l'universalité, c'est le classicisme pur ; de l'autre, une puissante revendication du moi, un besoin de confession, le romantisme est en train de naître.
 
C'est sans doute dans la fusion des deux que se trouve le génie de cette époque, à la fois si courte et si importante, au cours de laquelle composent Mozart, Haydn, Beethoven, Rossini, Bellini, Weber, Glück, Schubert ainsi que les jeunes Mendelssohn, Schumann, Liszt, Chopin et Donizetti. Et puis bien sûr Hummel, évoqué dans le billet précédent, et qui incarne si bien cette esthétique.
    
Je reviens toujours à la musique de cette époque, un peu comme on a plaisir à se retrouver en paix chez soi entre deux voyages lointains et agités. Comme le repos qu'offre à la vue une architecture classique et ordonnée, la beauté des mélodies et surtout l'équilibre tonal entre tension et résolution résonnent avec la force de l'expérience intérieure vécue, et confèrent à cette musique "classique" la force des choses parfaites.
  


2 commentaires:

Jean Claude Mazaud a dit…

Bravo pour ton analyse !!
Bon dimanche.
Amitiés
JC

jefopera@gmail.com a dit…

Merci, c'est à l'écoute des concertos de Hummel que j'ai réfléchi à la notion de "style classique". Il en est lui même une parfaite incarnation.

Vu hier Elle, et l'ai trouvé formidable !

Bonne journée

JF