mercredi 9 mars 2016

Mémoire de Palmyre (3/3) : Aureliano in Palmira

Palmyre, temple de Baal (détruit) - Photo Jefopera
En 1813, Rossini a tout juste 21 ans quand il compose Aureliano in Palmira. Cet opéra seria est la deuxième commande que la Scala passe au compositeur, après le succès retentissant, un an auparavant, de La Pietra del Paragone

L'identité du librettiste reste incertaine, car ne sont mentionnées sur le manuscrit que les initiales G.F.R. Pour certains, il s’agirait de Gian Francesco Romanelli, pour d’autres, de Felice Romani -qui signa de nombreux livrets pour Donizetti et Bellini. Le mystère reste donc entier.
   
L'intrigue d'Aureliano est assez mince. Nous sommes en 272, à Palmyre. La reine Zenobia et son amant Arsace sont battus et faits prisonniers par l’empereur Aureliano. Malgré l’amour qu’il porte à Zenobia et la fureur jalouse qu’il voue à Arsace, Aureliano, au terme de quelques péripéties et tergiversations, finit par leur rendre leur liberté contre la promesse de leur fidélité indéfectible à Rome. C'est à peu près tout.

Rossini a tenté de compenser l'absence de véritable intérêt dramatique du livret par une écriture assez tarabiscotée, qui n'est pas toujours de la meilleure inspiration, ce qui peut expliquer la tombée dans l'oubli de cet opéra. Pas totalement oublié d'ailleurs, car le compositeur réutilisa des parties importantes d’Aureliano dans d’autres opéras, notamment dans l’ouverture d’Elisabetta regina d’Inghilterra, elle-même recyclée dans celle, bien plus connue, du Barbier de Séville.

Tout cela n'enlève pourtant rien à la valeur de certaines pages, notamment le duo du premier acte Se tu m'ami dont Stendhal disait qu'il était le plus beau que le compositeur ait jamais écrit.
 

3 commentaires:

Jean Claude Mazaud a dit…

Dernier volet donc : dommage !
je viens d'écouter le duo : magnifique !
Bonne journée
et Amitiés.

MartinJP a dit…

Peut-être est-il temps de faire revivre cet opéra en hommage à la cité détruite ?

jefopera@gmail.com a dit…

Oui, certainement, c'est une idée qu'ont eu avoir les directeurs de maisons d'opéra, et on ne peut bien sûr qu'y souscrire. Je n'ai cependant eu vent d'aucun projet...