dimanche 20 mars 2016

Féerie baroque à la Cour des Habsbourg

Vienne, Palais Lobkowitz
Installé dans le superbe Palais Lobkowitz, le Theatermuseum de Vienne mérite une visite. Notamment parce que c'est dans son grand salon que fût jouée pour la première fois la Symphonie héroïque, lors d'un concert privé, en 1804. 

Excellent musicien, protecteur de Haydn, le prince Franz Joseph apporta longtemps son soutien financier à Beethoven, lequel, en retour, lui dédia plusieurs œuvres, notamment les quatuors à cordes de l'opus 18, la Symphonie héroïque et le Triple Concerto.

On donne d'ailleurs encore aujourd'hui des concerts dans le superbe salon, que l'on a naturellement baptisé "Eroica".
  
Le musée détient de nombreuses maquettes de décors ainsi qu'une riche collection de costumes et de gravures. Il abrite aussi la collection de manuscrits que Stefan Zweig a léguée juste avant de quitter l'Autriche.
  
Depuis quelques semaines, il accueille une belle exposition retraçant l'histoire du spectacle baroque. De la Cour des Habsbourg à celle des Medicis, après un détour par Versailles et une visite du superbe théâtre baroque du château de Ceský Krumlov, en République tchèque, on découvre des spectacles plus somptueux les uns que les autres, ballets, parades, carrousels et surtout opéras, la plupart créés à l'occasion de mariages et de couronnements impériaux. Comme les Autrichiens font toujours bien les choses, on peut s'asseoir et écouter au casque de larges extraits des œuvres musicales évoquées.
  
Plusieurs vitrines évoquent Costanza e Fortezza, un opéra d'un compositeur que je ne connaissais pas, Johann Josef Fux.
  
Né en 1660 à Linz, Fux s'installe à Vienne assez jeune. Il est nommé compositeur de la Cour impériale en 1698, puis maître de chapelle de la cathédrale Saint-Étienne. Auteur d'une oeuvre abondante, il aborde tous les genres, musique religieuse, pièces instrumentales, oratorios et bien sûr opéras.
  
Le plus grand moment de sa carrière a lieu lors du couronnement de l'archiduc Charles d'Autriche comme roi de Bohême, à Vienne, en 1723. Pour l'occasion, il compose une oeuvre de circonstance, Costanza e Fortezza, dont le sujet est tiré de l’histoire de Rome. L'opéra met en scène Porsenna, roi étrusque, qui assiège Rome afin d’y instaurer sur le trône son ami le roi Tarquin ; cependant, se rendant compte du courage des Romains ainsi que de la perfidie de Tarquin, il renonce à son projet et se lie d’amitié éternelle avec Rome.
  
L'histoire officielle raconte que les vertus des héros romains inspirèrent au librettiste l’idée de donner comme titre à l’opéra la devise de Charles VI, Costanza e Fortezza (Fidélité et courage). En réalité, c'est plutôt pour glorifier le monarque que les auteurs eurent l'idée d'illustrer la devise impériale par un épisode héroïque de l'histoire romaine.
  
Pompeux et trompettant, l'opéra fût représenté en plein air, dans de somptueux décors. On mobilisa pour l'occasion une centaine de chanteurs et deux fois plus d'instrumentistes qu'à l'accoutumée. Mais paralysé par une violente crise de goutte, le pauvre Fux dût renoncer à diriger et céda la place à son ami Caldara. Ce fût quand même un grand succès.
  

2 commentaires:

Jean Claude Mazaud a dit…

Même si je ne suis pas du tout convaincu par certaines muusiques baroques (j'ai besoin de me mettre à la page !!!)j'ai apprécié ton article..
Amitiés
Ps : derniers préparatifs pour notre départ à Cuba

jefopera@gmail.com a dit…

L'opéra de Fux n'est sans doute pas un chef d'oeuvre....
Super pour Cuba, je vous souhaite un excellent voyage et un très très beau séjour.
Amitiés
JF