vendredi 15 janvier 2016

Star Wars en musique

Maintenant que la folie des premiers jours de la diffusion de l'épisode 7 s'est dissipée, quelques mots sur la célébrissime bande originale de La Guerre des étoiles.

Au départ, George Lucas avait pensé utiliser des partitions classiques, notamment Les Planètes de Holst et Le Sacre du printemps de Stravinsky, sur le modèle de ce qu'avait fait Kubrick avec Strauss pour 2001 l'Odyssée de l'espace.

Spielberg lui recommanda plutôt de travailler avec John Williams, qui avait déjà composé la musique des Dents de la mer. Le compositeur était déjà bien connu à Hollywood, notamment pour avoir remporté un Oscar, en 1972, avec la bande originale du Violon sur le toit, le film musical de Norman Jewison.

Le succès de la musique de Star Wars vient en grande partie du fait que John Williams a repris à son compte, avec beaucoup de talent, le système des leitmotivs wagnériens, qui veut que chaque thème musical soit associé à un personnage, une situation, un objet, un sentiment ou une idée. Motifs mélodiques ou rythmiques collant le plus possible au personnage ou au concept auxquels ils sont associés, les leitmotivs doivent être facilement reconnaissables et mémorisables. 
  
Comme les personnages, les situations et les sentiments, les leitmotivs évoluent, changent de tonalité, de pupitre instrumental ; ils se transforment, s'agglomèrent ou se disloquent, un peu comme des idéogrammes musicaux.

Comme l'image et le son, l'apparition d'un leitmotiv ou le mélange de plusieurs a une véritable fonction narrative : il peut décrire l'action, rappeler ce qui a lieu ou, mieux, annoncer ce qui va se passer. J'ai d'ailleurs souri en lisant, sur le net, que des fans avaient développé toute une série de suppositions sur le prochain épisode à la seule écoute attentive de l'assemblage et de l'évolution des leitmotivs dans Le Réveil de la force. Raisonnement séduisant mais qui suppose, ce qui est loin d'être certain, que John Williams n'ignore rien des scénarios à venir.

Les leitmotivs sont originaux, mais les mélomanes attentifs n'ont pas manqué de repérer des parentés avec des partitions célèbres.

D'abord avec Les Planètes de Gustav Holst, notamment la partie intitulée Mars, celui qui apporte la guerre, dont les rythmes martelés laissent entrevoir le thème de Dark Vador. Thème dont Williams inversera d'ailleurs l'ordre des notes dans la deuxième trilogie, pour caractériser le jeune Anakin, dans un motif à la fois doux et inquiet qui décrit les tourments du jeune homme et annonce le funeste personnage qu'il va devenir. Très habile.

Des mélomanes attentifs ont également noté une étrange ressemblance entre la musique qui accompagne la découverte des dunes de sable de la planète Tatooine et le début de la deuxième partie du Sacre du printemps. Mais la parenté la plus troublante est peut-être celle, que l'on attendait pas forcément, entre les dernières mesures de l'intermezzo de Manon Lescaut de Puccini et le thème de Luke Skywalker.

5 commentaires:

Jean Claude Mazaud a dit…

As-tu vu le film ?
Moi toujours pas, j'hésite d'autant que mon jeune filleul me dit être persuadé qu'il ne me plaira pas...
Merci pour l'article : l'intermezzo de Manon est bien beau !
Bon week-end
Amitiés
JC

jefopera@gmail.com a dit…

Oui, et en suis sorti assez perplexe, car l'histoire est quasiment la même que celle de l'épisode 4 (le premier film, de 1977). C'est bien fait, plaisant à regarder, mais je n'ai pas compris pourquoi ils avaient ainsi répété l'intrigue....

Bon dimanche

JF

Jean Claude Mazaud a dit…

J'ai oublié de dire : Superbe la lyre !!!!

MartinJP a dit…

Au delà du film et de la saga auxquelles je crains d'être un peu hermétique, la réflexion sur les leitmotivs m'a intéressé mais je suppose qu'elle depasse Williams et que beaucoup d'autres ont repris le procédé que Wagner a immortalisé mais dont, je crois , il n'est pas vraiment à l'origine ?

jefopera@gmail.com a dit…

Excellente suggestion pour un prochain article : "à la recherche des leitmotivs". Je note l'idée et vais m'y employer. Merci

JeF