jeudi 24 décembre 2015

Cléopâtre, pocharde, chaudasse et venimeuse

En me promenant à la Fnac à la recherche de cadeaux de Noël, je trouve un beau coffret regroupant plusieurs récitals de Magdalena Kozena, la soprano tchèque. Un, notamment, consacré à l'opéra français, mérite vraiment que l'on s'y attarde, ne serait-ce que pour découvrir un air superbe, extrait d'un opéra de Massenet un peu oublié, Cléopâtre.

Créé en 1914 à l'Opéra de Monte-Carlo, Cléopâtre raconte, avec beaucoup de fantaisie et ce qu'il faut se sensualité vénéneuse, les dernières amours de la souveraine égyptienne.

L'opéra commence par le coup de foudre réciproque de Cléopâtre et Marc-Antoine, lequel plaque rapidement Octavie, à qui il était promis, pour filer en Egypte retrouver la reine au célèbre nez.

Mais Cléopâtre n'est pas Madame Butterfly, et pendant que le Romain est en mer, elle part s'éclater, déguisée en homme, dans les bouges les plus crapoteux d'Alexandrie, avec son esclave et amant, le jeune et vigoureux Spakos. Tout le monde picole un peu trop, la reine s'amuse à exciter la jalousie de Spakos, le ton monte, les choses dégénèrent et tout ça finit par une gigantesque bagarre, comme dans les westerns. 

Au petit matin, la mine défaite et l'haleine chargée, on rentre au palais se refaire une beauté. Le retour de Marc-Antoine est en effet annoncé, et une fête somptueuse doit être donnée en son honneur. Encore une fois, la Cléopâtre force sur la boisson et demande à ses esclaves de vider une coupe de poison en échange d'un baiser. 

Même avec la volupté du chant de Magdalena Kozena, on hésiterait quand même un peu. Les pauvres esclaves, eux, n'avaient pas vraiment le choix.


Ces plaisanteries ne sont pas du goût d'un Marc-Antoine un peu déboussolé : Octave a déclaré la guerre à l'Egypte et le Romain hésite à se battre contre sa patrie, pour les yeux et le nez de cette foldingue. Laquelle réussira quand même, à la fin de l'opéra, à le faire retomber dans ses bras.

Je ne raconte pas la fin car tout le monde la connaît.

1 commentaire:

Jean Claude Mazaud a dit…

Qui,à la lecture de ton excellent billet, n'aurait pas envie de connaître cette Cléopâtre-là, bien loin, semble t-il et en tout cas beaucoup moins sage que celle incarnée par Elisabeth Taylor dans le fameux film de Mankiewiez...
Bon Noël.
Amitiés
JC