samedi 3 octobre 2015

Mozart, Strauss et Dutilleux à l'auditorium de la Maison de la radio

Auditorium de la Maison de la Radio - photo Jefopera
Il a fallu que j'attende d'avoir dépassé 50 ans pour pousser pour la première fois la porte de la Maison de la Radio. Ma jeunesse a pourtant été bercée des retransmissions en direct des studios 102, 103 et 104, et cela fait bien longtemps que j'habite à Paris, mais voilà, le rendez-vous ne s'était pas fait.

Donc, jeudi soir, j'ai découvert le gros bâtiment rond de l'avenue du Président Kennedy et surtout, son nouvel auditorium.

Un superbe programme : Le National et Daniele Gatti jouaient l'ouverture de Don Giovanni, le concerto pour hautbois de Richard Strauss (avec, en soliste, la jeune, talentueuse et pétulante hautbois solo de l'orchestre, Nora Cismondi) et, en deuxième partie, la première symphonie d'Henri Dutilleux.

D'abord quelques mots sur la superbe salle, nous reviendrons dans un prochain billet sur Dutilleux.

Les travaux pharaoniques entrepris en 2003 -et toujours en cours- ont été l'occasion de restructurer certains espaces de la Maison de la Radio, avec, pour objectif premier, la mise à disposition des formations musicales de la Maison (l’Orchestre National de France, l’Orchestre Philharmonique de Radio France, le Chœur et la Maîtrise de Radio France) des salles de répétition et de concert conformes aux exigences acoustiques d'aujourd'hui.

Aménagé là ou étaient les anciens studios 102 et 103, l'Auditorium reprend le plan de la Philharmonie de Berlin, le modèle du genre ; il dispose de 1 461 places installées en balcons et réparties tout autour de la scène et des musiciens. Cette architecture unique offre un champ de vision inédit, le spectateur n’étant jamais à plus de 17 mètres de la scène.

Les acousticiens (Nagata Acoustics et le cabinet Jean-Paul Lamoureux Acoustique) ont fait en sorte que le son circule et se réfléchisse grâce à des parements de bois sur les balcons et à des polycylindres situés à l’arrière des gradins. Le plafond a quant à lui été équipé d’une lentille réfléchissante appelée "canopy" afin d’optimiser la propagation et la réflexion acoustiques.

Le résultat est remarquable : un son ciselé, précis, d'une grande pureté, avec un niveau de réverbération parfaitement dosé, ce qui permet de saisir les moindres détails des parties instrumentales tout en continuant à être emporté par la dynamique d'ensemble. Jamais peut-être n'avais-je ressenti un tel sentiment de perfection sonore. Dans l'ouverture de Don Giovanni mais surtout dans le concerto pour hautbois de Strauss, j'ai même découvert, assez stupéfait, des détails instrumentaux et des contre-chants que je n'avais jusqu'alors vraiment jamais perçus.

En revanche, dans la symphonie de Dutilleux, qui requiert 85 instrumentistes, dont des percussions particulièrement étoffées (xylophone, vibraphone, glockenspiel, célesta et piano), on arrivait parfois à la limite de la saturation sonore, d'autant que les percussions, faute de place, étaient installées très près des cuivres. En dosant au mieux effets et dynamiques, chef et orchestre sont toutefois parvenus à maîtriser la situation pour rendre aussi intelligible que saisissante cette partition prodigieuse.


1 commentaire:

Jean Claude Mazaud a dit…

Sans commentaire...je suis conquis !
Direction radio France...
Amiiiés.
JC