samedi 1 août 2015

Jon Vickers

Il y a quelques semaines, nous apprenions le décès de Jon Vickers. Il était âgé de 88 ans.

Avec Jon Vickers s’est éteint l’un des chanteurs les plus charismatiques du XXe siècle. Enée magistral, magnifique Tristan, Otello légendaire, Peter Grimes inégalé, le Canadien a dominé de sa haute stature la scène lyrique pendant plus de trente ans. 

Sa voix, immédiatement reconnaissable (on lui reprochera sur le tard son timbre un peu nasal) possède une densité impressionnante sur toute la tessiture et une couleur naturellement dramatique. Doté d’une puissance hors du commun mais capable de nuances extrêmement raffinées, véritable bête de scène, Vickers aimait à pousser ses rôles jusque dans leurs retranchements psychologiques (Marie-Aude Roux, Le Monde du 13 juillet 2015).

Né en 1926 au Canada, à Prince Albert, dans le Saskatchewan, Jon Vickers fit ses débuts comme enfant de chœur, avant d’obtenir, à 23 ans, une bourse d’étude au Conservatoire royal de musique de Toronto. Repéré par David Webster, directeur du Royal Opera House de Londres, il est engagé et débute en 1957 dans le rôle de Don José, avant de triompher quelques mois plus tard dans Les Troyens.

Dès 1958, il chante Siegmund dans La Walkyrie, sous la direction de Knappertsbusch. En novembre de la même année il se retrouve auprès de Maria Callas, à Dallas, pour deux représentations électrisantes de la Medea de Cherubini.

Suit une liste impressionnante de triomphes, pendant 30 ans, dans d’inoubliables incarnations de Florestan, Otello, Radames, Samson, Peter Grimes et bien d’autres.

Karajan appréciait beaucoup Jon Vickers. Il l’invita pour la première fois au festival de Salzbourg en 1966, puis fit avec lui plusieurs enregistrements et films d’opéras, Carmen et Otello notamment.

Réfractaire aux interviews, toujours soucieux de préserver son intimité familiale, Jon Vickers était aussi très croyant. On dit qu'il refusa de chanter Tannhäuser et Siegfried car il jugeait les rôles titres "trop païens". Une histoire sans doute unique dans les annales de l'art lyrique.

Avec Otto Klemperer, le Philarmonia et Christa Ludwig, il a gravé en 1962 un sublime Fidelio, que The Telegraph n’a pas hésité à proclamer « plus bel enregistrement lyrique de l’histoire du disque ».

Je ne sais pas si on peut aller jusque là, mais c'est effectivement superbe :


2 commentaires:

Jean Claude Mazaud a dit…

Hommage mérité ! je me souviens avoir vu (et beaucoup aimé) à la tv il y a pas mal d'années...son Otello dans le film de Karajan, également avec Freni (je crois qu'il existe un DVD).
J'ai toujours eu une prédilection pour les voix de ténor, ce sont celles qui me "secouent" et m'émeuvent le plus...
Pourquoi pas une série ???
Bon week-end et
Amitiés
JC

jefopera@gmail.com a dit…

Merci pour ton commentaire. Ces timbres intermédiaires, avec celui de mezzo sont effectivement les plus émouvants. Et peut-être (mais c'est personnel) encore plus les ténors allemands qui recherchent en général moins l'effet, le beau chant, que les italiens.
Amitiés
JF