dimanche 19 juillet 2015

Orgasmes à l'opéra : Sancta Susanna (6/6)

Une nuit de mai, Soeur Susanna surprend dans le jardin du couvent le jardinier en train de besogner la servante.

Fascinée par le spectacle et fortement émoustillée, elle est rejointe par une autre religieuse, qui la met en garde contre ses pulsions et lui raconte qu'il y a 40 ans, une sœur fût emmurée vivante après avoir été surprise à poil dans la chapelle en train d'enlacer le grand crucifix de l'autel. Incident à l'issue duquel la mère supérieure décida de mettre un linge sur les reins du Christ...
  
Loin de calmer Susanna, cette histoire décuple son envie de sexe. Elle enlève sa robe de bure, ôte le linge qui entoure les reins de Jésus, l'enlace et se frotte avec ardeur contre lui. La cloche de l'angélus retentit, les nonnes entrent dans la chapelle, découvrent Susanna, poussent un cri d'horreur, lui demandent d'arrêter et de venir se confesser. En plein orgasme, Susanna éclate de rire et les envoie balader. Les nonnes se signent, la maudissent au cri de Satan ! et le rideau tombe.
  
Avec Sancta Susanna, on atteint un sommet.
 
Composé en deux semaines en janvier et février 1921 par Paul Hindemith, sur un livret d'August Stramm, il a été créé le 26 mars 1922 à l'Operhaus de Francfort.

L'œuvre est la troisième d'un triptyque d'opéras en un acte, tous influencés par l'expressionnisme -les deux premiers étant Mörder, Hoffnung der Frauen et Das Nusch-Nuschi.

Le chef d'orchestre Fritz Busch qui dirigea à Stuttgart, en 1921, les créations des deux premières parties du triptyque, refusa pourtant de diriger Sancta Susanna, pour des "raisons morales". Le triptyque ne put donc être joué en entier que l'année suivante à Francfort.
 
Le public réserva un accueil chaleureux à l'œuvre, mais les instances de l'Église protestèrent et firent interdire les représentations pendant la semaine sainte. Est-ce la raison pour laquelle on ne trouve que peu d'informations sur Sancta Susanna ? Le prolifique Kaminski ne le cite même pas dans ses 1 001 opéras.
  
Fort heureusement, l'opéra a été récemment produit à Lyon et programmé sur Mezzo. Je guette la prochaine rediffusion.
  

3 commentaires:

Jean Claude Mazaud a dit…

Tu frappes fort et termine en beauté ta série (?).
Très amicalement.
PS : Difficile d'aller plus loin ! d'ailleurs l'aventure Overblog va se terminer...

Jean Claude Mazaud a dit…

Overblog : j'étais en plein délire...
J'ai enregistré Sta Suzanna (non encore vue)
Amicalement
JC

jefopera@gmail.com a dit…

Non, tu as raison,j'ai aussi lu quelque part qu'une plateforme de blogs allait fermer....