vendredi 22 mai 2015

Deux figures musicales dijonnaises

Dijon, rue de la Chouette - Photo Jefopera
Une jolie promenade à Dijon me donne l'occasion d'évoquer deux enfants du pays qui ont marqué le paysage musical français du 18ème siècle.

Commençons par le grand Rameau. On ne racontera ni sa vie ni son œuvre, juste rappeler qu’il est né à Dijon, au 5 de l’actuelle rue Vaillant, le 25 septembre 1683. Il connaissait dit-on son solfège avant de savoir lire, et mènera des études assez courtes chez les Jésuites du collège des Godrans,

Puis, il succédera à son père à l’orgue de Notre-Dame avant de partir faire carrière à Lyon puis à Paris.

Claude Balbastre est beaucoup moins connu. Il naît le 9 décembre 1724, étudie avec Claude Rameau, frère de Jean-Philippe, et bénéficie de l'aide bienveillante de ce dernier lorsqu'il s'installe à Paris en 1750. Avec autant d'ambition que d’habileté, il parvient à se faire connaître de la haute société, accédant progressivement aux postes les plus prestigieux : organiste à Notre-Dame de Paris, claveciniste à la Cour de France où il enseigne à Marie-Antoinette, organiste du comte de Provence (futur Louis XVIII) et de la Chapelle royale. Sa virtuosité aux grandes orgues est telle qu'en 1762, l'archevêque de Paris lui fait interdiction de jouer pendant la messe de minuit à cause du tumulte que ses brillantes et fantaisistes improvisations causent dans l’assistance.

Malgré ses états de service, il parvient, en se ralliant - au moins en apparence - aux idées nouvelles, à traverser la Révolution et à conserver son poste à Notre-Dame (qui a été transformée en Temple de la Raison), où il exécute à l'orgue ses adaptations des hymnes révolutionnaires. Il meurt à Paris, 181 rue d'Argenteuil (dans la paroisse Saint-Roch) le 20 floréal de l'an 7 (le jeudi 9 mai 1799), oublié de tous.

Assez maigre, son œuvre comprend pour l’essentiel 14 concertos pour orgue, des cantiques de Noël et de la musique de chambre. Curieusement, aucun opéra. Il craignait peut-être la comparaison avec son illustre camarade dijonnais.

Comme Couperin et Rameau, Balbastre a aussi dressé quelques jolis portraits musicaux de dames de la Cour. Notamment celui de "La d'Héricourt", ici joué par Gustav Leonhardt :


1 commentaire:

Jean Claude Mazaud a dit…

Très belle photo de cette jolie rue : là sans doute où tu as rencontré Balbastre.
Amitiés
JC