samedi 2 mai 2015

Ambroise Thomas

Autre enfant du pays, Ambroise Thomas, que l’on ne connait plus guère que pour deux opéras, Mignon et surtout Hamlet, dont la scène de la folie est un sommet du genre.

Il y a une dizaine d’années, j’eus la chance (et c’est peu dire) d’être invité à une répétition générale au Châtelet au cours de laquelle Natalie Dessay chantait Ophélie, et c’était tellement beau que j’acquis la conviction qu’Ambroise Thomas était un génie.

Avec les années, tout cela s’est pas mal estompé, et je me suis plutôt rangé au mot célèbre d'Emmanuel Chabrier qui disait Il y a deux espèces de musique, la bonne et la mauvaise. Et puis il y a la musique d’Ambroise Thomas. Facile, plaisante, bien ficelée, pas vraiment imaginative mais agréable à écouter.

Alfred Bruneau (qui, soit dit en passant, a encore moins marqué l’histoire de la musique qu’Ambroise Thomas) qualifie son collègue de dernier représentant de la longue génération de producteurs rapides qui, pendant un demi-siècle, alimentèrent avec une fécondité infatigable et peut-être excessive nos théâtres lyriques. Jeté dans la vie militante au temps facile des Auber et des Adolphe Adam, le doux chantre de Mignon, qui n’était point un novateur, n’eut d’autre ambition que de suivre la route indiquée par la mode. Ce qui résume plutôt bien l’œuvre et le personnage.

Fils prodige d’un violoniste de Metz et d’une cantatrice, élève du Conservatoire de Paris, il remporte le Prix de Rome en 1832 avec la cantate Herman et Ketty. A la Villa Médicis, il compose surtout de la musique de chambre, puis quitte Rome pour partir visiter les grandes capitales musicales européennes, Vienne, Munich et Leipzig.

À son retour à Paris, en 1837, Thomas se lance dans la composition d’opéras, et connaît un rapide succès, notamment avec Le Caïd. En 1851, il est triomphalement élu à l’Académie des Beaux-arts, écrasant le pauvre Berlioz, qui n’obtient pas une seule voix. 

Suit une impressionnante série de succès, aux noms plus délicieux les uns que les autres : La Double Échelle, Le Perruquier de la Régence, Le Panier fleuri, Carline, Le Comte Carmagnola, Le Guerillero, Angélique et Médor, Mina ou le Ménage à trois, Le Caïd, Raymond ou le Secret de la Reine, La Tonelli, La Cour de Célimène, Psyché, Le Carnaval de Venise, Le Roman d’Elvire, Gille et Gillotin.

En 1866, deux ans avant Hamlet, Mignon, remporte un succès considérable. Directement tiré du Wilhelm Meister de Goethe, il sera représenté plus de 1 000 fois à la Salle Favart et applaudi sur toutes les scènes d’Europe. 

3 commentaires:

Jean Claude Mazaud a dit…

Merci pour ton article !
J'ignorais que Ambroise Thomas avait eu une telle série de succès.
De "Mignon" je ne CONNAIS
que le fameux air "CONNAIS-tu..." que je viens de reécouter avec plaisir !
Je connais (encore)un peu mieux "Hamlet" que j'aime beaucoup :
-Keenlyside/Dessay au Liceu de Barcelone
-et (très réussie égalment à mon avis) la "version Minkowski/Py" à la Monnaie de Bruxelles avec un épatant Stéphane Degout (et également Sylvie Brunet dans le rôle de la reine)...que j'ai enregistrée assez récemment...
Voilà
Bon Dimanche
JC

jefopera@gmail.com a dit…

Oui, je la guette sur Mezzo !
Bon dimanche à toi aussi
Amitiés
JF

MartinJP a dit…

Beaucoup de choses à redécouvrir, donc, chez ce compositeur un peu regardé de haut. En tout cas, Hamlet reste un très bel opéra, la Callas et la Dessay ne s'y seraient pas intéressées si ce n'était pas le cas.
Curieux de découvrir la version Minkowski.