mardi 14 avril 2015

Jean-Bernard Pommier joue Beethoven à Gaveau

Il est sans doute l'un des pianistes français les plus connus à l'étranger, peut-être même plus qu'en France.

Né à Béziers, fils d'un organiste, puis élève d’Yves Nat au Conservatoire de Paris, Jean-Bernard Pommier fût le plus jeune finaliste au Concours Tchaïkovski de 1962 : le jury, présidé par Emile Guilels, lui décerna alors le Premier Diplôme d’Honneur avec ses félicitations.

Cet exploit lança une superbe carrière de soliste, au cours de laquelle Pommier joua avec les plus grands chefs, notamment -la liste est longue- Karajan, Boulez, Haitink, Muti et Barenboïm.

Jean-Bernard Pommier compte à son actif une abondante discographie, consacrée à Chopin, Debussy, Poulenc, Mozart et bien sûr à Beethoven dont il a gravé trois intégrales des sonates. Très remarquée, celle publiée chez Erato reçut en son temps un Diapason d'or. On y remarque une grande clarté d'expression, au service d'un jeu viril, volontaire, sans affect, toujours limpide, équilibré et profondément respectueux de la partition.

Après Londres et à Bruxelles, le pianiste donne depuis mars l'intégrale des sonates à Paris, en huit concerts à la Salle Gaveau, jusqu'à juin 2015.

Jean-Bernard Pommier a élaboré chaque concert autour de trois grands axes : une oeuvre de jeunesse, une de maturité et une de la dernière période. Une approche en arc, fidèle à Beethoven, dont l'oeuvre exceptionnelle, on le sait, survole l'histoire de la musique, du 18ème siècle auquel appartiennent les premières sonates, jusqu'au 20ème qu'annoncent les dernières.

Un copieux programme hier soir : en première partie, les sonates n° 5 en ut mineur, n° 11 en si bémol majeur, puis, après l'entracte, les courtes et peu connues n° 19 et n° 20, œuvres de jeunesse publiées tardivement, ne comprenant chacune que deux mouvements.

Un final en apothéose, avec une 23ème sonate époustouflante : dès les premières mesures, le pianiste imposa une tension extrêmement forte, attrapant le public par les deux bras pour ne le laisser souffler qu'après l'accord final. Et il était difficile d'imaginer mieux incarné le bel adjectif appasionata.

1 commentaire:

Jean Claude Mazaud a dit…

C'est bien de nous rappeler qu'il y a d'excellents artistes en France...
Appassionato donc par ta soirée !
Peut-être es-tu abonné au cycle.
J'aime(ais)beaucoup la salle Gaveau..J'ai lu qu'il y avait un peu plus de mille places : étonné j'ai gardé le souvenir d'une très petite salle...
Bonne soirée
Amitiés
JC