mardi 17 mars 2015

Madame Sans-Gêne

Immortalisée sur les planches par Jacqueline Maillan, Madame Sans-Gêne, de Victorien Sardou, a donné lieu à de nombreuses adaptations : six films (dont celui de Christian-Jaque, en 1962, avec Sophia Loren et Robert Hossein), trois téléfilms plus récents et l’opéra de Giordano qui nous occupe aujourd’hui.

Créé le 25 janvier 1915 au Met sous la direction de Toscanini, il suit assez fidèlement l’intrigue de la pièce, laquelle met en scène une cantinière alsacienne haute en couleurs dénommée Catherine Hubscher, qui eût la bonne idée, lorsqu’elle était jeune et fraîche, d’épouser un garçon prometteur, un certain sergent Lefebvre qui devait devenir maréchal d'Empire et duc de Dantzig.

Giordano retrouve dans cette histoire un contexte historique proche de celui qui lui avait porté chance avec Andrea Chenier. L’angle est toutefois beaucoup plus léger.

La première est un triomphe (46 rappels). Toscanini, très enthousiaste, emmène la partition dans son pays natal et la fait connaitre un peu partout, à commencer par la Scala, où elle est jouée avec grand succès en février 1923.

Madame Sans-Gêne comporte de très belles pages où le lyrisme fin de siècle alterne avec des passages légers. Pour cette raison, on a pu lui reprocher de manquer de cohérence, mais en réalité, tout cela donne beaucoup de charme à une œuvre vraiment plaisante et pas du tout monotone qui, à l’instar de bien d’autres, mériterait d’être plus souvent inscrite au programme des scènes lyriques.

L’écriture musicale est fluide, en continu, sans morceaux détachés, ce qui peut évoquer celle du Falstaff de Verdi. Comme le dit Piotr Kaminski (1 001 opéras, Fayard), Giordano a bien retenu du grand ainé la leçon en matière de tempo théâtral et de rythme de la narration, l’art consistant à caractériser les situations et les personnages par le truchement de petits motifs robustes, collant bien à la parole.

Je n’ai pas trouvé grand-chose sur Youtube, juste un air du deuxième acte chanté par une Mirella Freni qui n’était plus, loin s’en faut, au sommet de son art. Mais cela donnera une petite idée de la partition... et rappellera la Mamma morta d’Andrea Chenier :



2 commentaires:

Jean Claude Mazaud a dit…

De Jacqueline Maillan à l'Opéra...Inattendu !
Peu de chance de découvrir un jour cette œuvre..
Amitiés

MartinJP a dit…

quelle figure !