jeudi 5 mars 2015

Elisabetta, regina du 9.3

Elisabetta regina d'Inghilterra n’est pas le plus connu des opéras de Rossini mais c'est pourtant une oeuvre importante, tant dans la vie du compositeur que dans l'histoire de l'opéra.

C’est le premier des neuf qu’il composa pour le San Carlo de Naples. Créé le 4 octobre 1815, il connut un véritable triomphe, avec de nombreuses reprises en Italie et dans l’Europe entière, avant de tomber dans l’oubli au 20ème siècle, comme la quasi-totalité du répertoire de Bel Canto. 

Ressuscité en 1975 à Aix-en-Provence par Montserrat Caballé –qui l’a aussi enregistré chez Phillips avec José Carreras, l’opéra n’a pourtant jamais regagné la faveur des scènes lyriques.

Très virtuose, la partition réclame il est vrai un casting de haut niveau, pas forcément facile à rassembler. Rossini, qui avait sous la main une troupe de qualité exceptionnelle, à commencer par la Colbran, sa future épouse, a en effet écrit des airs d'une difficulté technique redoutable.

Enfin, plutôt qu’ « écrit », c’est plutôt « recopié » qu’il faudrait dire : pris par le temps, Rossini a en effet réutilisé dans cet opéra de nombreux morceaux de précédentes compositions, notamment du Barbier de Séville. A commencer par l’ouverture, qui avait été elle-même déjà récupérée d’un opéra antérieur encore plus obscur, Aureliano in Palmira. Truffée de matériau musical de réemploi, quand ce n’est pas de réemploi de réemploi, Elisabetta a un peu la saveur de la ripopée ou de la ratatouille de cantine.

Mais restons objectifs en reconnaissant que la partition compte aussi une belle série d’airs originaux et, surtout, apporte au genre une innovation de taille : la disparition du recitativo secco avec accompagnement de clavecin au profit de récitatifs accompagnés à l’orchestre. C'est en premier lieu pour cette raison que cette oeuvre marque une étape importante dans l’histoire de l’art lyrique, en créant un genre, l'opéra romantique italien, ouvrant la voie à Bellini, Donizetti et Verdi.

L'oubli relatif dans lequel est tombé Elisabetta est sans doute aussi le fait du livret, énième resucée des amours et trahisons à la cour d’Elisabeth 1ère d’Angleterre. Un sujet plus que rabâché par les compositeurs de Bel Canto, à commencer par Donizetti, qui mit trois fois en scène la reine, dans Elisabetta al castello de Kenilworth, Roberto Devereux et Maria Stuarda

Maria Stuarda... un opéra inoubliable, pour la beauté de ses airs et aussi pour cette scène d’anthologie au cours de laquelle la Marie Stuart, sans doute la caillera la plus chic de l’histoire, traite la reine de « sale bâtarde » :


Pour rester dans le ton, je vais essayer de raconter l'histoire d'Elisabetta dans mon patois de Saint-Denis :

Ya une meuf qui s’appelle Matilda, une meuf comme ça c’est de la bombe, j’te jure cousin, tu la téma et tu lui pètes le boule direct. La daronne à la meuf, c’est la Marie Stuart, et son mec, c’est Leicester, c’est trop un bogos Leicester. La reine, elle le kif grave mais elle sait pas qu’il est accro à sa meuf. Et puis ya un boloss qui s’appelle Norfolk, un sale bâtard sa mère la pute qui kiffe grave la reine, mais elle, elle dit qu’il est trop cheum, elle le calcule même pas et le keum i se fait téje direct. Alors il a trop la haine et balance Leicester et sa meuf chez la reine. Et la reine, elle est trop vénère, elle s’tape un bad trip, s’prend la tête avec tout le monde. Mais à la fin, elle va lui niquer sa race à ce sale bâtard.

Bon, c'est quand même plus beau en italien :



2 commentaires:

Jean Claude Mazaud a dit…

Je ne connais pas l'opéra de Rossini.
Par contre j'ai vu à plusieurs reprises Marie Stuart sur les chaines musicales, notamment celle du MET de 2013 avec DiDonato,de la Scala 2008 avec Devia, etc J'aime beaucoup cet opéra...
Félicitations pour ta tirade : il me faudra prendre des cours...
Amitiés
JC

MartinJP a dit…

L'opéra se prête à tous les langages...après les opéras rock, un opéra rap ???