vendredi 19 décembre 2014

2015

Il est encore temps d’écrire au Père Noël, et, même si c'est un peu tôt, d’exprimer quelques vœux pour l’année 2015. 

Une année où nous n’aurons pas, je crois, d’anniversaire à célébrer, ce qui permettra de souffler, après Verdi et Wagner en 2013, puis Glück, Rameau et Strauss en 2014.

Une année 2015 que j’aimerais placée sous le signe de la musique contemporaine, celle qui est en train de s’écrire, celle qui va bientôt être étudiée, répétée et jouée, celle que le public va découvrir et j’espère aimer, celle qui, au fil des années, viendra peut-être nourrir le répertoire de qu’il est convenu d’appeler la « musique classique ».

Je ne me permettrai pas de donner des conseils aux compositeurs, tout juste de formuler quelques souhaits :

Tout d’abord, qu’ils restent à l'écoute des musiques populaires de leur pays, comme Schubert et Bartok ont pu l’être, mais aussi des musiques exotiques, comme Mozart avec ses turqueries, Bizet et Ravel avec l’Espagne ou Puccini avec l’Asie.

Qu'ils n'aient surtout pas peur du rythme, du rock, du jazz et pourquoi pas de la variété : les plus grands ont toujours su briser les barrières et faire tomber les murs des chapelles, que ce soit Ravel avec son concerto en sol et sa sonate pour violon et piano ou Chostakovitch dans sa suite Jazz.

Qu'ils assument le passé, comme Massenet (Cendrillon) ou Stravinsky (Pulcinella) avec le XVIIIème siècle, Szymanowski ou Pärt avec la musique modale ancienne.

Mais qu'ils restent en phase avec les innovations techniques : on oublie parfois que l'orchestre de Berlioz n'avait plus grand chose à voir avec celui de Monteverdi, et que les compositeurs ont toujours été à l'affût de nouveaux instruments : à peine inventés, le piano et la clarinette ont été adoptés par Mozart, qui a composé pour eux plusieurs de ses plus grands chefs d'œuvre.

Tout cela pour dire que la composition dite "classique" a toujours été au plus haut quand, justement, elle cessait d'être classique pour s’ouvrir sur le monde. A l’inverse, quand elle s'est repliée sur elle-même pour n'être plus qu'un exercice formel, voire mathématique, à la seule destination d'un public de spécialistes (polyphonies de la Renaissance, musique sérielle), elle s’est asséchée, s'est coupée du public et a le plus souvent fini par disparaître des salles de concert et des bacs à disque. 

Ecrivez une musique à l'image de notre monde, ouvert, globalisé, une musique qui surprend, fait pleurer et donne envie de danser, une musique qui raconte une histoire, fait voyager dans le temps et dans l’espace, bref, une musique qui rendra la vie et l’année 2015 encore plus belles.

1 commentaire:

Jean Claude Mazaud a dit…

Comment ne pas être d'accord avec toi !
Bravo et
Bon week-end...