lundi 13 octobre 2014

Les Borgia à Paris

Les Borgia ont laissé une empreinte tellement forte que la fascination qu'ils inspirent est toujours aussi vive aujourd'hui. A un point tel que deux séries TV, relatant chacune leur histoire, ont été produites et diffusées quasiment en même temps.

Dans l'imaginaire collectif, la sulfureuse dynastie représente le vice, la débauche, l'ambition exacerbée, l'appât du gain et le crime. Mais en fait, les choses sont beaucoup plus complexes.

L'exposition du Musée Maillol, très pédagogique, propose de pénétrer au cœur de cette famille qui a fortement marqué la seconde moitié du XVème siècle, en Italie bien sûr mais également dans toute l'Europe.

Elle restitue habilement leur environnement (Venise, Florence, la Réforme, la menace ottomane) et les événements importants, notamment la découverte du Nouveau Monde en 1492, l'année où Rodrigo Borgia monte sur le trône de Saint Pierre et se fait couronner sous le nom d'Alexandre VI.

On découvre plusieurs tableaux de grande qualité, notamment de Mantegna et Raphaël, certains prêtés par les Offices de Florence. Et une superbe maquette en terre cuite, récemment identifiée, de la Pieta de Michel Ange, sans doute celle que l'artiste a présentée au pape avant de réaliser la célèbre statue de la basilique Saint-Pierre.

En princes de la renaissance, les Borgia ont été de fervents protecteurs des arts, notamment Lucrèce, qui eût l'Arioste pour ami et le poète Pietro Bembo pour amant. On rappelle au passage que c'est César Borgia qui inspira Le Prince de Machiavel et que c'est en grande partie grâce à eux que l'art pictural de la Renaissance a été introduit en Espagne, plus précisément à Valence, la ville dont la famille est originaire. L'exposition montre aussi comment le pape Alexandre VI, une fois son pouvoir temporel stabilisé, a engagé des travaux d'urbanisme considérable pour moderniser et embellir Rome et la sortir du Moyen-Age. 

L'exposition se termine sur une rapide évocation de la postérité des Borgia, dans la littérature, le cinéma et les séries TV ; plusieurs costumes de celle produite par Canal + sont ainsi présentés.

Il ne manque que l'opéra que composa Donizetti pour la Scala en 1833, d'après la pièce de Victor Hugo :

3 commentaires:

Jean Claude Mazaud a dit…

La légende aura toujours le pas sur la vérité historique..
Heureusement peut-être ! Le "sulfureux" est une excellente source d'inspiration dans tous les domaines.
Je ne connais pas la pièce d'Hugo (qui a été donnée récemment à deux reprises) pas plus d'ailleurs que l'opéra de Donzetti : lacune à combler !
Bonne journée
JC

jefopera@gmail.com a dit…

On trouve je crois deux versions de Lucrezia assez facilement, l'une avec la Caballe, l'autre la Sutherland. Et puis, les extraits avec la Callas bien sur.
récemment, la pièce de Victor Hugo a été montée à Paris, avec Guillaume Gallienne.... dans le rôle de Lucrèce !

MartinJP a dit…

Un mythe indestructible...