mardi 1 juillet 2014

L'enfant du pays

Hambourg, Musée Johannes Brahms - photo Jefopera
Quelques jours à Hambourg m’ont permis de constater combien était vivante la mémoire de l’un des plus célèbres enfants du pays, Johannes Brahms.

Bien qu'ayant passé la majeure partie de sa vie à Vienne, où il s'est installé en 1862, Brahms est toujours resté profondément attaché à sa ville natale, comme en témoignent de nombreuses lettres :

Je suis toujours empli de nostalgie lorsque je pense à Hambourg et suis, d’une certaine manière, particulièrement heureux quand j’y séjourne et me promène à mon grès le long des célèbres remparts et à travers les rues et ruelles (1855).

Je ressens souvent le besoin de sentir la présence de mon pays natal, aussi me fais-je envoyer chaque semaine le journal local ! Je possède également une belle collection de gravures sur la vie de Hambourg à différentes époques (1894).

En 1969, est fondée à Hambourg la Société Johannes Brahms. Elle prend la forme, deux années plus tard, d'une fondation. A l’origine du projet, un mécène et mélomane, Alfred Toepfer, qui finance l’acquisition d’une belle maison ancienne, à quelques pas de celle où Brahms a vécu, mais qui a malheureusement été détruite au cours de la dernière guerre. C'est également un musée.

Il faut bien reconnaître qu'il n'est pas très riche et n'intéressera que les mélomanes. Dans deux salles, une série de fac-similés de partitions, de photos et de portraits. Dans une autre, une bibliothèque et un piano de l'époque de Brahms. C'est à peu près tout.

Juste à côté du Brahms Museum, une autre maison ancienne, le Musée Telemann, du nom de ce compositeur aussi prolifique que peu inspiré, qui dirigea la musique des cinq principales églises de Hambourg, de 1721 à sa mort, en 1767.

Telemann aurait, selon L'Histoire de la musique de Bernard Wodon, composé plus de 6 000 œuvres. Sur les 3 600 répertoriées (le reste a été perdu), on compte plus de 600 suites pour orchestre, sinfonias, concertos, sonates, duos, trios, quatuors et sérénades, de la musique pour clavecin et orgue, une bonne quarantaine d'opéras, près de 2 000 cantates d'églises, 15 messes, 22 psaumes, plus de 40 passions, 6 oratorios, et des motets, des odes, des canons, des chants en veux-tu en voilà. Ouf, n'en jetez plus !

La dame charmante qui accueille les visiteurs au Brahms Museum me rappelle que Hambourg est aussi la ville natale de Mendelssohn (il y est né le 3 février 1809, mais il ne reste plus de trace de sa maison) et m'explique que Carl Philipp Emanuel Bach, le deuxième fils de Jean-Sébastien, a également habité le quartier, jusqu'à sa mort, en 1788. Il est d'ailleurs inhumé dans l'église Saint-Michel, à deux pas, là où Brahms a été baptisé, et là où est donné chaque année, en novembre, le Requiem allemand :


2 commentaires:

MartinJP a dit…

L'intérêt de ces maisons de musiciens ou d'écrivains (c'est la même chose) est en effet très variable, contrairement aux maisons de peintres ou de sculpteurs qui permettent souvent de voir des tableaux, des esquisses et des statues. La maison de Debussy à Saint-Germain peut laisser sur leur faim les visiteurs qui ne sont pas spécialistes de la question, car il faut beaucoup d'intérêt pour se pencher sur ces dizaines de partitions, de fac-similés, et de bibelots.
C'était donc un peu pareil avec Brahms à la lecture de votre article.
A l'inverse, certaines "maisons" pèchent par leur vide, comme l'appartement de Mozart à Vienne, sans intérêt.

jefopera@gmail.com a dit…

Très difficile en effet de trouver le juste équilibre entre respect des lieux et intérêt des visiteurs. La maison de Liszt à Bayreuth ou les appartements de Mendelssohn et de Schumann à Leipzig sont très émouvants, avec des souvenirs personnels, sans excès et un respect des lieux.

Je vous conseille le must dans le genre : la maison de Maurice Ravel à Montfort l'Amaury : il faut prendre rendez-vous, la personne qui fait visiter est exquise et pleine d'esprit et on a l'impression que Ravel a quitté les lieux la veille. En plus c'est un très bel endroit.
JeF