mardi 8 juillet 2014

Applaudir le compositeur

Hambourg - Laieszaal - photo Jefopera
Pepe Romero pose sa guitare, la jeune violoniste s’essuie le front et baisse son archet. Tous les deux saluent longuement un public survolté qui redouble d’applaudissements. Les bravos retentissent, les fleurs pleuvent et les pieds frappent de plus en plus fort le plancher. Les vieux murs de la Laieszaal, qui en ont pourtant vu d’autres, se mettent à trembler de partout.

Et puis soudain, un monsieur assez âgé monte sur scène. Leopold Hager pose sa baguette et lui saisit le bras droit, Pepe Romero le gauche. Les applaudissements retentissent encore plus fort. Pour la première fois, je participe à l’ovation d’un compositeur. Et me dis qu’il faudrait que je commence enfin à m’intéresser à la musique contemporaine.

Lorenzo Palomo est né près de Cordoue en 1938. A ma grande honte, je ne savais rien de celui qui est considéré comme le plus grand compositeur espagnol contemporain, en revanche très connu en Allemagne, notamment pour avoir été chef d’orchestre à l’Opéra de Berlin entre 1981 et 2004.


Après la 1ère symphonie de Brahms et la suite de « El amor brujo » de Manuel de Falla, l’Orchestre philarmonique de Hambourg a joué Fulgores, un concerto pour guitare, violon et orchestre que Palomo a écrit en 2012. Une pièce accessible, pleine de rythmes andalous, et dont la richesse harmonique et orchestrale fait souvent penser aux compositions de Ravel, De Falla ou Villa-Lobos.

A défaut de Fulgores, un extrait du Concierto de Cienfuegos, permet de se faire une idée du style du compositeur :




3 commentaires:

Jean Claude Mazaud a dit…

Belle expérience donc...
Je partage ta honte : je n'avais jusqu'à ce jour jamais entendu parler de Lorenzo Paloma...
Bonne soirée que tu passes, semble-il en compagnie de Sissi...
Amitiés
JC

MartinJP a dit…

Il faut dire que la plupart des compositeurs contemporains, et tant pis si je me fais insulter, ne font rien pour qu'on les applaudisse. Les rares incursions dans ce répertoire m'ont plongé dans un monde angoissant de hurlements, de portes qui grincent, de fracas et d'affreuses dissonances. Bref, se promener à Paris autour des Grands magasins un jour d'affluence, aller dans un concert de hard rock ou déambuler dans votre d'acier en plein travail.
Que Mozart est doux à mes oreilles....

jefopera@gmail.com a dit…

Il doit y avoir quelques exceptions. j'ai découvert récemment la musique d'Arvo Pärt, de Dutilleux et de John Adams. pas forcément facile mais intéressantes et pas du tout "douloureuse". Mais je vous comprends, l'écoute de la musique est avant tout plaisir et émotion et certainement pas torture auditive (sauf pour ceux qui aiment ca mais le hard rock y pourvoit amplement)
Merci pour vos commentaires fidèles et toujours bien sentis
JeF