vendredi 4 juillet 2014

Almira de retour à Hambourg

Opéra d'Etat de Hambourg
Belle découverte à l'Opéra d'Etat de Hambourg. 

Sous la direction d'Alessandro De Marchi, des musiciens de la Philharmonie s'installent en formation baroque pour jouer Almira, le premier opéra de Haendel. Un opéra qui est un peu ici chez lui car il a été créé au Theater am Gänsemarkt de Hambourg, le 8 janvier 1705.

Sur scène, un excellent plateau vocal, avec Robin Johannsen (Almira), Viktor Rud (Fernando) -que j'ai pu applaudir la veille dans un très beau Cosi Fan Tutte, Manuel Günther (Osman) et un coup de cœur particulier pour la soprano française Mélissa Petit (Edilia).

Quelques mots sur Almira.

Agé d'à peine 18 ans, Haendel s'installe à Hambourg au printemps 1703. Aussi doué qu'ambitieux, et bien conscient que la célébrité passe par l'opéra, il travaille d'arrache-pied sur un livret d'un certain Feustking, qui met en scène les amours contrariés, compliqués, et pour tout dire invraisemblables d'une reine de Castille avec un personnage intrigant dénommé Osman.

Au lieu de simplifier l'intrigue, la mise en scène proposée par l'Opéra d'Etat de Hambourg compliquait tout, notamment en faisant changer de costume les chanteurs à chaque acte. Ayant du mal à reconnaître les personnages, davantage à suivre les sous-titres allemands, j'ai filé à l'entracte demander à la dame de l'accueil un synopsis en anglais. Mais encore plus obscur que tout le reste, le feuillet n'a fait qu’emmêler un peu plus les fils de cette histoire complètement tordue, si bien que sous l'effet d'une coupe de Sekt et d'une douceur à la marzipane, j'a regagné mon fauteuil, renonçant définitivement à comprendre quoi que ce soit.
  
Heureusement, il y a la musique. Et pour un coup d'essai, le premier opéra du jeune Haendel relève du coup de génie. Surtout quand on le compare aux premières œuvres de Mozart, Verdi ou Wagner qui, sans leur faire injure, étaient quand même loin d'être des chefs-d'oeuvre. Haendel réussit à l'inverse un opéra plein de rythme, parfois maladroit mais débordant d'imagination et de surprises. Les arias, pour la plupart très beaux, sont chantés alternativement en allemand et en italien, une bizarrerie que je n'avais encore ni vue ni entendue ailleurs.
 
L'opéra contient une sarabande jouée par l'orchestre, que Haendel reprendra plus tard dans Rinaldo, pour en faire l'air très célèbre, Lascia ch'io pianga. Ci-dessous, dans un extrait du film Farinelli :



Almira connait un grand succès à sa création, tient l'affiche durant vingt représentations, et est même repris après le Carême.

Sur la lancée, Haendel écrit trois autres opéras pour Hambourg, Nero, Der beglückte Florindo (L'heureux Florindo) et Die verwandelte Daphne (Daphné transfomée) mais ils sont malheureusement perdus.


2 commentaires:

Jean Claude Mazaud a dit…

Du moment qu'il y a la musique...
Merci pour les deux videos.
Bon week-end.
Amicalement

MartinJP a dit…

Résurrection bienvenue donc
Amicalement,