lundi 2 juin 2014

Leipzig à Paris

Leipzig - Maison de Felix Mendelssohn - photo Jefopera
25 ans après la chute du Mur, Leipzig se présente toujours comme le symbole de la Révolution pacifique, mais aussi comme l’un des hauts lieux de la culture et de la création artistique en Allemagne. 

Quelles sont les raisons de cette dynamique ?

Plusieurs manifestations organisées par le Goethe Institut de Paris tentent de répondre à cette question.

Dans les arts plastiques, le succès inattendu sur le marché, de plusieurs artistes se rattachant à ce qu'il est convenu d'appeler la "Nouvelle école de Leipzig". Sigrun Hellmich, critique d’art et journaliste à Leipzig, donne quelques éléments explicatifs :

C’est ainsi qu’une petite bande de peintres de Leipzig fut célébrée il y a exactement dix ans, du New York Times aux magazines culturels artistiques et télévisuels en passant par les magazines féminins et la presse à scandale. Le nom « Nouvelle école de Leipzig » est aujourd’hui contesté et rejeté par les personnes concernées. Et pourtant, il s’est façonné rapidement en tant que marque à tel point que la qualité des œuvres ne jouait presque plus aucun rôle. 

On pensait alors à Neo Rauch, Tilo Baumgärtel, Tim Eitel, Martin Kobe, Christoph Ruckhäberle, David Schnell, Matthias Weischer, à l’époque jeunes trentenaires, plus ou moins tous occupés à peindre du figuratif. Et mis à part Neo Rauch et Tilo Baumgärtel, personne n’était originaire de Leipzig. Ils étaient venus à Leipzig car ils souhaitaient apprendre la peinture à la Hochschule für Grafik und Buchkunst (HGB – école supérieure de graphisme et de livre d’art), ce qui, dans le cadre de l’activité artistique, semblait alors plutôt dépassé. Avec Liga, leur galerie créatrice provisoire, ils se promurent tout d’abord eux-mêmes, plus tard, c’est le galeriste qui s’en chargea. Selon les traditions régionales, le sens ne leur parvint jamais. Mais « Young Painters from Leipzig » devint un label pour les acheteurs et les collectionneurs.



Une exposition de photographies intitulée Leipzig ville de héros permet de découvrir le travail de plusieurs artistes de Leipzig, autour d'une question : Qu’est-ce qui caractérise les héros et en avons-nous encore besoin ? 

L'accrochage gravite autour d’une définition moderne de ce personnage mythique, en partant de l'idée que, depuis 1989, on note une dévalorisation de modèles héroïques forts. Qui les remplace aujourd'hui ? Une société moderne peut-elle se passer de héros ? Les stars sont-elles en passe de devenir des héros de substitution ?

Des œuvres, notamment de Wolfgang Mattheuer, Evelyn Richter, Matej Kosir et Magret Hoppe, apportent quelques éléments de réponse, illustrant également l’individualisation de la culture est-allemande après 1989.

Mais comment célébrer Leipzig sans musique ?

Dans le cadre de la "Nuit du Piano", Classiques en suite accueille mardi 10 juin prochain trois pianistes qui ont chacun un lien étroit avec la métropole saxonne. On sait que l’histoire de la musique s’inscrit en lettres d’or dans cette ville unique, qui a abrité durant plusieurs siècles les plus grands compositeurs. Wagner y est né, Bach, Mendelssohn, Schumann y ont longtemps vécu. Mahler, Tchaïkovsky, Grieg, Strauss et bien d'autres y sont venus souvent diriger leurs œuvres. 

En juin dernier, un séjour à Leipzig m'a permis de constater que la vie musicale restait là-bas d'une intensité exceptionnelle, notamment autour de l'orchestre du Gewandhaus. Au sein d'une famille, il n'est pas rare que tout le monde joue d'un instrument. Et, dans les appartements anciens de la ville, comme ceux de Mendelssohn et de Schumann que l'on peut visiter, la pièce centrale autour de laquelle tout s'ordonne n'est ni un portego, comme à Venise, ni une salle à manger (quel vilain terme...), ni même un grand salon, mais un salon de musique. Une pièce suffisamment spacieuse pour qu'un ensemble de musique de chambre et une assistance garnie puissent y prendre place. Leipzig, la ville qui était un orchestre....

Les artistes interpréteront des œuvres de trois grands compositeurs originaires de cette ville. David Bismuth avec son disque autour de Bach (B.A.C.H.ianas et Transcriptions), Alexandra Oehler des morceaux de Schumann et David Timm, directeur musical de l’Université de Leipzig, des pièces de Mendelssohn.


3 commentaires:

Jean Claude Mazaud a dit…

Que de choses j'ai appris sur Leipzig en écoutant ce merveilleux choral.
Amitiés

MatinJP a dit…

Comme Jean-Claude, je me suis beaucoup instruit en écoutant cette merveille. D'une façon générale, les villes allemandes méritent pour beaucoup d'entre elles une visite approfondie, d'autant que la vie culturelle y est généralement intense et sympathique.
Mais, concernant la région de Saxe, j'aurai plutôt pensé à Dresde....

jefopera@gmail.com a dit…

...Qui est aussi fort intéressante, et qui a su renaitre après avoir été quasi anéantie lors des bombardements de 45. Je ne l'ai vu qu'en coup de vent mais espère bien y retourner, pour ses musées et bien sûr la formidable Staatskapelle