vendredi 23 mai 2014

Le Beau Danube bleu (Un tour du monde en musique : bis !)

Wiener Staatsoper
Quand j'ai fait le programme de ce voyage, j'ai bien pensé au Beau Danube bleu. Mais l'idée de départ était de se limiter aux poèmes symphoniques et, bien qu'elle eût constitué un joli pendant à La Moldau, j'ai écarté la plus connue des valses.

Loin d'imaginer que la fin du voyage allait coïncider avec une escapade impromptue à Vienne. Comme au concert du Nouvel an, Le Beau Danube bleu sera donc notre bis.

J'ai attendu 50 ans pour aller à Vienne. D'année en année, les faux prétextes se sont succédé : ce n'est pas la saison, je n'ai plus assez de congés, les vols sont trop chers, j'irai quand je serai vieux, etc, etc... Le fait que Jean-Laurent ne soit pas vraiment enthousiaste a sans doute, ces dernières années, encore décalé le départ. Mais je serais de mauvaise foi en lui faisant porter seul une responsabilité qui n'incombe en réalité qu'à moi.

Quand on sait ce que cette ville représente et continue d'être pour tous les amoureux de la musique, je ne parviens quand même pas à m'expliquer cette situation. J'ai eu la chance de découvrir plusieurs dizaines de pays, certains fort exotiques, suis parfois retourné cinq ou six fois dans la même ville, mais à Vienne, qui n'est qu'à deux heures d'avion, jamais. 

Il y a quelques années, au sein d'un groupe de travail européen, le représentant de l'Autriche, qui lui, connaissait parfaitement Paris, s'était étonné que je ne sois jamais allé à Vienne. Lorsqu'il m'en demandât la raison, je ne sus évidemment quoi répondre, parvenant juste à écarter les uns après les autres les arguments oiseux qui me venaient à l'esprit.

Le sentiment de tout connaître d'une ville et de ne plus rien avoir à y découvrir ? Bien sûr, j'ai souvent vu et admiré la capitale autrichienne, dans des livres, des films et des documentaires. Les biographies des musiciens et plusieurs romans m'ont fait parcourir ses rues, ses boulevards et visiter ses monuments. Avec le concert du Nouvel an et la série des Sissi, qui font toujours mon bonheur, je ne crains pas de dire que cette ville a toujours fait partie de ma vie, davantage sans doute que bien d'autres où j'ai séjourné, parfois longtemps, dans une relative indifférence. Mais de là à sombrer dans une posture blasée, certainement pas. L'envie de découvrir Vienne s'est au contraire constamment renforcée au fil des ans.

Dans les années 80, au Grand Palais, s'est tenue une exposition remarquable sur la Sécession viennoise. La seule, avec celle sur les jeunes années de Matisse, dont je me souviens encore aujourd'hui avec autant d'enthousiasme que de précision. Passionné par le sujet, j'avais acheté une brochure de présentation -mes moyens d'étudiant ne me permettaient pas le catalogue, l'avais lue et relue, et même préparé un voyage à Vienne en stop. Qui ne se fit jamais.

La peur d'être déçu, alors ? On rêve un lieu en l'imaginant d'une certaine façon, on l'idéalise et quand on y est, on n'en perçoit plus que les laideurs et les désagréments. Aurais-je redouté le "syndrome de Paris", qui frappe chaque année ces touristes japonais, profondément désemparés par leur découverte d'une ville bien différente de celle qu'ils avaient rêvée ? Confiant dans les beautés de la capitale autrichienne, je n'ai, me semble-t-il, jamais craint  la désillusion au point de préférer voyager dans ma tête qu'avec mes pieds.

Il a fallu que coïncident la présence à Vienne d'une collègue de travail et un séminaire professionnel obligeant Jean-Laurent à s'absenter plusieurs jours pour que je me décide à partir enfin à Vienne. Seul, anxieux au point d'en mal dormir et même d'en rêver, en réalité fébrile comme une bonne sœur qui part à Lourdes pour la première fois.
Deux jours ne permettent pas de découvrir une ville aussi riche, et mon premier contact avec Vienne a plutôt relevé du survol. La Hofburg, Schönbrunn, la maison de Mozart, quelques superbes églises baroques et, bien sûr, les fameux cafés, si chers au cœur de Schubert. 

Il a peut-être fallu un tour du monde pour en arriver là. Mais pourquoi diable ? 

Et notre Beau Danube bleu, il aurait quand même fallu en dire quelques mots ? Et bien ce sera pour le prochain séjour à Vienne.



6 commentaires:

Jean Claude Mazaud a dit…

Merci pour ce bis et
Bravo pour cette escapade viennoise...
Cela a fait "tilt" d'autant que depuis des lustres j'ai eu envie d'aller à Vienne et que (tout comme toi) j'ai diffèré sans cesse ce (petit) voyage...
Et maintenant il se fait tard !
Je te souhaite un excellent week-end.

jefopera@gmail.com a dit…

A peine deux heures d'avion, je ne regrette qu'une chose : ne pas y être allé plus tôt. Mais il y a vraiment beaucoup de choses à visiter (et à écouter).
Bon dimanche
JF

Anonyme a dit…

Bonjour,
je suis prof et vais m'inspirer de votre Tour du monde en musique pour la rentrée prochaine. En espérant intéresser mes cancres
Pourriez vous svp publier une récap sur un seul message ? Vous allez dire que je suis un peu hardi, mais cela me rendrait service
En tout cas félicitations pour tout ce boulot,
MatParis

Anonyme a dit…

Désolé, je n'avais pas vu le lien de contact. Vous envoie un mail, ca sera plus cool
MatParis

jefopera@gmail.com a dit…

Avec plaisir Mat, je le publie ce matin
Bon week-end

MartinJP a dit…

Je suis sur que vous pourriez nous concocter un autre tour du monde l'année prochaine, en cherchant un peu.... et je referai avec plaisir certaines des étapes de celui de cette année