mercredi 2 avril 2014

Les Pins de Rome (Un tour du monde en musique 7 / 14)

Quittons la brume de Paris pour le soleil de Rome.

Composé en 1924 par Ottorino Respighi (1879 - 1936), Les Pins de Rome s’inscrit, avec Les Fontaines de Rome (1916) et Les Fêtes romaines (1928), dans une trilogie évoquant la ville éternelle. Bien connues, les deux premières œuvres sont régulièrement données au concert et bénéficient d'une excellente discographie.

Le poème se compose de quatre parties, de forme assez libre. Elles s’enchaînent sans coupure, ce qui créé l'impression d'une longue balade en ville, ponctuée de visites et de pauses à l'ombre des pins.

Nous parcourons d'abord le grand parc de la Villa Borghese (Pins de la Villa Borghese), lumineux et baigné de soleil. Trompettes, crécelles, comptines et rythmes de galop évoquent les jeux d'enfants qui animent le parc.

Avec la deuxième pièce (Pins près d'une catacombe), l'ambiance change radicalement : des échos lointains de ce qui ressemble à un chant de procession ou à une marche de pèlerinage s'échappent de sinistres tombeaux. Suit une mélodie jouée aux cuivres, avec le soutien des cordes, qui enfle et diminue dans un crescendo decrescendo. Puis revient le motif initial, qui s'éteint aussi discrètement qu'il était apparu.

Une cadence de piano, relayée par la clarinette et le chant du rossignol, nous accueille sur la colline du Janicule (Pins du Janicule), que nous gravissons pour admirer le clair de lune sur les coupoles dorées. Une mélodie langoureuse aux cordes laisse imaginer que nous sommes en aimable compagnie pour contempler le plus beau paysage du monde.

Réveil en fanfare avec les Pins de la Via Appia : rythme martial suivi d'une mélodie un peu orientale jouée par le hautbois. Dans un crescendo impressionnant, une légion triomphante s'approche du Capitole. Fanfares de trompettes et de buccins, ponctuées de coups de gong : Cléopâtre sur son char fait son entrée dans Rome. C'est du péplum à grands effets, en Cinémascope et Dolby stéréo. 

Les compositeurs de musiques de films se souviendront de la leçon de Respighi, qui, en bon élève de Rimski-Korsakov, auprès de qui il était allé étudier, utilise brillamment toutes les ressources de l’orchestre, incluant des percussions complexes (gong, petites cymbales, tambourin, crécelle, xylophone spécial, etc.), un large ensemble de cuivres (buccins, trompettes cachées), un piano, un orgue, un célesta, et même un enregistrement audio du chant d’un rossignol pour les Pins du Janicule. Ce qui donne au parc romain un petit air de jardin du monastère.

2 commentaires:

MartinJP a dit…

C'est effectivement une belle partition que j'ai entendu plusieurs fois mais il y a longtemps aux concerts Pasdeloup. Avec l'impression quand même que beaucoup de compositeurs de musiques pour le cinéma se sont inspirés, non tant des thèmes et des mélodies mais plutôt des orchestrations, des enchainements, des dynamiques, de l'ambiance créée.

jefopera@gmail.com a dit…

C'est tout à fait vrai. Sibelius, Holst, Respighi, Rachmaninov, Ketelbey et plusieurs autres ont été des mines dans lesquelles les compositeurs de musiques de film ont beaucoup puisé.