dimanche 13 avril 2014

De l'or sous le volcan

Descendons jusqu'à Naples, invitée du musée Maillol, qui accueille jusqu'au 20 juillet prochain une exposition exceptionnelle consacrée au trésor de San Gennaro (Saint Janvier).

Attention, rien à voir avec Gennaro Olivieri, l'arbitre pétulant dont se souviennent tous ceux qui ne loupaient jamais Jeux sans frontières. Rien à voir non plus avec l'épicier dont Jean Gabin hurlait le nom dans La Traversée de Paris

Non, San Gennaro, c'est le patron de la ville, un saint mort en martyr au cours des persécutions de Dioclétien et dont le sang, recueilli à sa mort dans deux ampoules, se liquéfierait trois fois par an sous les bêlements de mémés en transe, au cours de cérémonies religieuses ferventes et pittoresques.

Entre 1526 et 1527, les Napolitains implorent la protection du saint contre la guerre et la peste, deux fléaux qui viennent de décimer leur ville. Pour cela, ils décident de signer avec lui (il était mort depuis plus de 1 200 ans mais ce n'est pas bien grave, on est à Naples...) un contrat devant notaire, par lequel le saint s'engage à protéger la ville de la peste et des éruptions du Vésuve ; le peuple de Naples, en contrepartie, promet de lui construire une nouvelle chapelle, au sein de la cathédrale, et de lui constituer un trésor.

Et quel trésor ! La plus importante collection de pierres précieuses au monde, que l'on ne peut comparer qu'aux joyaux de la Couronne de France, de celle d’Angleterre ou de Russie. Ce trésor fabuleux n'étant jusqu'alors jamais sorti d'Italie, son exposition au Musée Maillol est un événement exceptionnel.

Les deux pièces maîtresses de l’exposition sont la mitre de Gennaro (affiche ci-dessus) et le collier.

La mitre est faite de huit kilos d’or et d’argent, et tapissée de 3 890 diamants, 198 émeraudes et 168 rubis. L’émeraude symbolise l’union de San Gennaro à l’éternité, les rubis le sang du martyr qu’il a subi et les diamants sa foi inébranlable. Mais pour les gemmologues, la mitre est la plus extraordinaire collection de pierres en provenance de mines précolombiennes.

C’est à partir de 1679 que les héritiers des grandes familles aristocratiques gardiennes du trésor du saint patron de la ville réunirent ses plus belles pierres précieuses pour faire un collier destiné à orner le buste de San Gennaro. Au fil des siècles, le collier est enrichi par les dynasties régnantes d’Europe. Quatre siècles de l’histoire de l’Europe figurent dans le plus précieux collier au monde, qui compte désormais 700 diamants, 276 rubis et 92 émeraudes.




Au delà de ces deux pièces extraordinaires, on découvre quinze superbes bustes de saints, tous en argent, des tableaux et une série d'objets liturgiques d'une richesse à vous dissuader définitivement de donner une pièce à la messe -ce qui ne risque pas de m'arriver.


4 commentaires:

Jean Claude Mazaud a dit…

Je me souviens bien avoir visité "autrefois" le musée qui abrite les fabuleux joyaux de San gennaro.
Naples, une des villes les plus étonnantes d'Italie : le sordide et le sublime se cotoîent...avec bonheur !
je te souhaite un bon week-end.

jefopera@gmail.com a dit…

A ne pas louper ! Superbe expo comme toujours à Maillol

jefopera@gmail.com a dit…

A ne pas louper ! Superbe expo comme toujours à Maillol

MartinJP a dit…

Je confirme pour m'y être rendu il y a peu, superbe et fort intéressante exposition, qui s'inscrit dans la droite ligne des séries "italiennes" du Musée Maillol. Le trésor est effectivement spectaculaire.