vendredi 7 mars 2014

La Moldau (Un tour du monde en musique 1 / 14)

Allez hop, c'est parti !

Écrite en trois semaines, à la fin de l'année 1874, cette célébrissime partition a fait connaître le nom de Smetana dans le monde entier. Elle s'intègre dans un cycle de six poèmes symphoniques, Ma Patrie, qui évoque l'histoire et les paysages de Bohème, le pays du compositeur.

L'oeuvre est connue sous son nom allemand, La Moldau, mais son nom véritable, en tchèque, est Vltava : c'est la rivière qui traverse Prague et une grande partie de la Bohême avant de rejoindre l'Elbe, dont elle est un affluent.
 
Des premières mesures à l'accord final, l'auditeur s'imagine sans peine sur le pont d'un bateau. De part et d'autre du fleuve, des tableaux et des scènes pittoresque vont s'offrir à lui. Et même quelques frayeurs... Par son aspect descriptif et narratif pleinement assumé, La Moldau est peut-être l'archétype du poème symphonique voyageur. C'est en tout cas le plus connu et sans doute l'un des plus beaux.
  
Le poème commence par un thème ondulant, joué par les flûtes, accompagnées par les pizzicatos des cordes. Il représente la première source, qui devient un ruisseau, auquel va se joindre un deuxième cours d'eau, évoqué cette fois par la clarinette. Les deux se répondent, se superposent puis se mélangent pour former la Moldau, dont nous allons descendre le cours jusqu'à Prague.

Plusieurs tableaux se succèdent au fil de notre croisière. Après avoir longé une chasse en forêt, avec cors et trompettes, la rivière retrouve son calme et s’approche d’un village où l’on célèbre une noce, ce qui donne le plaisir d'entendre une entraînante danse populaire tchèque.

La noce se termine et, soudain, l’atmosphère se trouble avec la tombée de la nuit. Un accord dissonant retentit puis s’élève aux cordes un mystérieux chant au clair de lune. C'est l'heure des créatures fantastiques de la forêt, lutins, elfes et ondines. Superbe scène pré-impressionniste dont l'orchestration est particulièrement réussie.

Le jour se lève et la Moldau reprend son cours. Brusquement, les cuivres martèlent des accords, les cordes montent en fusées et le thème du fleuve se disloque dans de violents chocs orchestraux : nous venons d'atteindre les effrayantes gorges Saint Jean.

Heureusement, les choses se calment assez vite et le thème principal revient, sous une forme de marche : majestueusement, la Moldau entre à Prague. On entend également le thème de Vysehrad (La Forteresse), le premier poème symphonique du cycle, que longe la Moldau aux abords de Prague. Après un grand tutti final, le mouvement se calme et le fleuve se disperse dans le lointain.




3 commentaires:

Jean Claude Mazaud a dit…

Première et superbe étape...
Belle évocation de la Moldau, une des oeuvres (du moins cela a été mon cas) que l'on adule lorsque l'on découvre la musique...
Stupeur : je viens de réaliser que la Vlata et la Moldau, c'était pareil !!!!
Bon week-end.
JC

MartinJP a dit…

Je crois que la belle mélodie de La Moldau a été reprise dans l'hymne national israelien. En tout cas, un beau démarrage, à la fois original et très connu.

jefopera@gmail.com a dit…

Merci, je ne le savais pas ! Une magnifique mélodie que l'on fredonne des heures après l'avoir écoutée....