jeudi 13 mars 2014

Dans les steppes de l'Asie centrale (Un tour du monde en musique 3 / 14)

En 1880, de grandes cérémonies sont organisées pour les 25 années de règne du tsar Alexandre II. C’est à cette occasion que Borodine reçoit la commande d'un poème symphonique. 

Il choisit de composer Dans les steppes de l'Asie centrale, dont l’argument met à l’honneur le pouvoir russe (c'est d'actualité...) et lui permet aussi d’exprimer sa double origine, russe par sa mère et orientale par son père (un prince caucasien).

L'oeuvre, qu'il dédie à Liszt, est l’une de celles qui contribuera le plus à sa notoriété. En voici l'argument :

Dans le silence des steppes sablonneuses retentit le refrain d’une paisible chanson russe. On entend aussi des chants de l’Orient, mélancoliques ; on entend le pas des chevaux et des chameaux qui s’approchent. Une caravane, escortée par des soldats russes, traverse l’immensité du désert. Elle poursuit sans crainte son long voyage, s’abandonnant avec confiance à la garde de la force guerrière. Elle va plus loin, toujours. Les chants des Russes et ceux des indigènes se confondent. Peu à peu ils s’affaiblissent en s’éloignant, et ils finissent par se perdre dans le lointain désert

Borodine construit son poème symphonique en illustrant musicalement quatre éléments principaux de l’argument : l’immensité du désert, les soldats russes, le mouvement de la caravane et les "indigènes". L’ensemble est traité de manière à créer, par un long crescendo decrescendo, le mouvement de rapprochement et d’éloignement de cette caravane qui progresse dans l'immensité du désert.
   
Une longue note tenue dans l'aigu des violons évoque l'immensité de la steppe. Le deuxième thème (les soldats, gardiens de la caravane), au caractère paisible et majestueux, directement issu du folklore russe, est joué par les clarinettes et repris par les cors. Les cordes jouent en pizzicato une marche dont le rythme se répète continuellement : c'est le troisième thème, qui évoque le pas des chevaux et des chameaux, et qui se maintiendra pendant presque toute l'œuvre. Le dernier est un chant oriental assez mélancolique qui fait penser à celui de Scheherazade.

Les thèmes ne sont pas développés mais plutôt repris, d'un pupitre à l'autre, avec des dynamiques différentes ; ils peuvent parfois se superposer mais ne se mélangent jamais.


3 commentaires:

Jean Claude Mazaud a dit…

C'est aussi (ce n'est évidemment pas un reproche...) une oeuvre que l'on découvre (et que l'on aime) lorsque l'on commence à s'intéresser à la musique....
Des années que je ne l'avais pas écoutée et j'ai eu grand plaisir à l'entendre ce soir;
Merci pour ton analyse : j'avais un peu oublié.
Bien amicalement et bonne soirée
PS : samedi Werther en retransmission du Met (la veille du départ à Cuba)

MartinJP a dit…

Oui, c'est vrai, on est cette fois dans un répertoire plus grand public, mais très agréable à écouter

jefopera@gmail.com a dit…

Indémodable