dimanche 23 février 2014

Un tour du monde en musique

En commentaire à l'article que j'ai écrit récemment sur la Grotte de Fingal, un internaute m'a suggéré de prolonger le voyage en Ecosse par une descente de La Moldau et une randonnée Dans les steppes de l'Asie Centrale. Et je me suis dit Bingo ! 

En ce début d'année 2014, nous allons donc embarquer pour un tour du monde musical, en 80 jours et 14 poèmes symphoniques.

De quoi est-il question ?

Issu de l'ouverture de concert, le poème symphonique est une pièce orchestrale à thème, en une seule partie. Il est différent en cela de la symphonie à programme, qui obéit au découpage traditionnel en plusieurs mouvements (La Symphonie fantastique et Harold en Italie de Berlioz, la Sinfonia Domestica de Richard Strauss ainsi que Manfred de Tchaïkovsky sont les plus connues).

Les deux grands créateurs de poèmes sont Liszt et Richard Strauss. Le genre s'est ensuite développé un peu partout, notamment dans les pays slaves -la plupart des compositeurs russes et tchèques en ont écrit- mais aussi en France, grâce à Saint-Saëns, Franck, Chausson et Dukas. Après la guerre de 1914, le poème symphonique, associé à un romantisme révolu, tombe assez vite en désuétude.

On peut essayer de regrouper les poèmes symphoniques en plusieurs catégories.

Tout d'abord, ce que l'on pourrait appeler le poème narratif : il reprend une histoire issue d'une légende, d'une pièce de théâtre ou d'un poème. Ce sont par exemple Romeo et Juliette et La Tempête de Tchaikovsky, La Jeunesse d'Hercule de Saint-Saëns ou Mazeppa de Liszt -qui raconte l'histoire d’un Polonais pris en flagrant délit d’adultère, condamné à être attaché nu sur un cheval lancé au galop et sauvé in extremis par des Cosaques.

Le poème peut aussi évoquer une ambiance, un événement. L'un des plus célèbres est le Carnaval romain de Berlioz, qui a inspiré plusieurs compositeurs sur le thème de la fête, notamment Liszt (Bruits de fête), Chausson (Soir de fête) et Respighi (Fêtes romaines). Avec La Grande Pâque russe, Rimski-Korsakov donnera au "poème festif" une dimension plus spirituelle tandis que Moussorgsky (Une Nuit sur le Mont chauve) en fera un effrayant sabbat de sorcières.

Certains sont directement inspirés d'une oeuvre d'art, comme L’Ile des morts de Rachmaninov, d'après le tableau de Böcklin.

Mais je ne vais pas ici me lancer dans une histoire du poème symphonique, il y a pour cela l'excellent ouvrage de Michel Chion (Le Poème symphonique et la musique à programme, Fayard, 1993). 

Après les poèmes narratifs, les poèmes festifs et les évocations artistiques, revenons à nos poèmes symphoniques voyageurs. Il n'y en a pas tant que cela, ce qui va faciliter les choses. J'en ai sélectionné 14, certains très connus, d'autres beaucoup moins. Le choix proposé ne prétend pas à l'exhaustivité, bien sûr, mais permettra je l'espère de faire un joli voyage.
    
Il commencera avec le morceau le plus célèbre du genre, La Moldau (1) de Smetana. Plus à l'Est, dans les environs de Saint-Petersbourg, nous irons ensuite, avec Anatole Liadov, faire le tour d'un Lac Enchanté (2) avant d'aller chevaucher, en compagnie de Borodine, Dans les Steppes de l'Asie centrale (3). Nous nous arrêterons avec Ketelbey Sur un marché persan (4), nous reposerons Dans les Jardins du monastère (5) avant de revenir à Paris (6) faire la connaissance de Frederick Delius.

Le périple se poursuivra en Italie, où nous respirerons l'odeur des Pins de Rome (7) avant de prendre, avec Anita Ekberg, un bain rafraîchissant dans Les Fontaines de la ville éternelle (8). Nous embarquerons alors en compagnie de Jacques Ibert pour une croisière méditerranéenne, laquelle nous fera faire plusieurs Escales (9), avant de débarquer dans la péninsule ibérique, où Manuel De Falla nous emmènera passer quelques Nuits dans les Jardins d'Espagne (10).

Félicien David nous emmènera ensuite goûter au calme envoûtant du Désert (11), nécessaire étape avant le grand départ en Amérique, d'abord à New York, dans Central Park in the dark (12), que nous visiterons avec Charles Ives, puis au Brésil, où nous découvrirons grâce à Villa-Lobos les chants des Indiens d'Amazonas (13). Avant qu'une navette spatiale nous fasse voler autour de la terre, pour essayer de sauver Sandra Bullock bien sûr, mais aussi pour admirer avec Gustav Holst la beauté des Planètes (14).

Attachez vos ceintures, le départ est imminent.


7 commentaires:

Jean Claude Mazaud a dit…

Je suis évidemment partant...
Bien amicalement

Jean Claude Mazaud a dit…

C'est quand le départ ???

jefopera@gmail.com a dit…

on va essayer début mars, mais je crains de faire moins bien que Philleas Fogg !

Jean Claude Mazaud a dit…

Juste au moment où je vais partir...Je joue de malchance !

jefopera@gmail.com a dit…

Je vais retarder le coup de sifflet !
Je te souhaite d'excellentes vacances cubaines, rapportes-nosu plein de nouvelles et belles photos.

MartinJP a dit…

Ce sera un voyage découverte pour la plupart des étapes que vous proposez. Beaucoup d'oeuvres rares au programme, et tant mieux !

Anonyme a dit…

Let's go and fly......................................