samedi 1 février 2014

Magda Tagliaferro

Après Monique de La Bruchollerie, une autre grande dame du piano français, dans un style toutefois assez différent.

D'ascendance alsacienne et italienne, Magda Tagliaferro est née le 19 janvier 1893 à Petropolis, au Brésil. Elle apprend très tôt le piano avec son père puis vient s'installer à Paris, s'inscrit au Conservatoire dans la classe de Marmontel et obtient un premier prix de piano après avoir fait une forte impression sur Isaac Albéniz, qui faisait partie du jury. Alfred Cortot la remarque à son tour et la prend comme élève.

Pendant les Années Folles, Magda remplit les salles, attirant une foule d'admirateurs fascinés autant par sa virtuosité que par sa crinière rouge, ses tenues extravagantes et ses décolletés profonds.

En 1939, le gouvernement français l'envoie aux États-Unis pour y porter les couleurs de la musique française. Elle passe les années de guerre au Brésil, s'y produit un peu partout et commence à enseigner, insufflant un puissant élan à la vie musicale de Rio et de Sao Paulo. Son souvenir reste d'ailleurs très vif au Brésil, où une Fondation musicale importante porte son nom. En septembre 1986, elle s'éteint à Rio.

Magda Tagliaferro a joué avec les plus grands chefs, Wilhelm Fürtwangler, Ernest Ansermet, Pierre Monteux et Reynaldo Hahn, qui lui a dédié son concerto pour piano -qu'elle créa à Paris en 1931 et enregistra sous la direction du compositeur en 1934.

Sa discographie n'est pas très abondante mais d'une très grande qualité. Tout d'abord, un coffret de 2 CD paru chez EMI, qui regroupe la première sonate de Schumann, plusieurs pièces de Debussy et de Chopin ainsi que de très beaux morceaux de son compatriote Villa-Lobos -lequel lui a d'ailleurs dédié Momoprecoce, une page concertante autour de la figure de Momo, le roi du Carnaval de Rio.

Vingt-cinq ans plus tard, elle l'enregistra avec l'Orchestre de la Radiodiffusion française, dirigé par le compositeur. On trouve également un album, publié chez Pearl, avec le concerto pour piano de Reynaldo Hahn et un récital Liszt, Chopin, Brahms et Schubert, édité par Phillips dans les années 60 mais je crois épuisé et jamais réédité.

J'ai quand même déniché sur Youtube cette petite merveille, le 6ème Nocturne de Fauré. Un compositeur que la pianiste connaissait bien, avec qui elle était partie plusieurs fois en tournée et avait joué en duo :


5 commentaires:

Jean Claude Mazaud a dit…

Ce nocturne de gabriel Fauré est absolument magnifique...
Un bel hommage pour cette grande Dame.
J'ignorais complètement son côté extravagant pendant les Années folles.
Je te souhaite un agréable week-end.
JC

Valentin a dit…

Belle figure et grande artiste que j'avais oubliée. Il y a je crois plusieurs autres enregsitrements disponibles en import. A moins que cela ne soit du vinyl....

jefopera@gmail.com a dit…

Je vais aller explorer les médiathèques de Seine Saint-Denis, très riches....

MartinJP a dit…

Quelques vagues souvenirs, d'ailleurs plus sur France Musique qu'à la scène.
Son style n'est-il pas quand même un peu daté, par exemple si on le compare à celui, effectivement flamboyant, du jeune pianiste que vous m'avez découvrir dans le répertoire brésilien ? Mais je ne sais pas vraiment.....

jefopera@gmail.com a dit…

Un personnage haut en couleurs et, surtout, une extraordinaire musicienne