lundi 13 janvier 2014

Une Lakmé est née

Un tonnerre d’applaudissements fait trembler les murs de la Salle Favart, le public tape des pieds, les bravos fusent et le bonheur se lit sur le beau visage de Sabine Devieilhe. Le célèbre air des clochettes a enflammé la salle, une nouvelle Lakmé vient de naître.

20 ans après le triomphe de Natalie Dessay, le pari était difficile à relever. Mais l’Opéra Comique a fait le meilleur choix en confiant le rôle à cette jeune soprano française, que j'ai eu le bonheur de découvrir récemment, à Lyon, dans La Flûte Enchantée. Elle y chantait merveilleusement bien la Reine de la Nuit.

Comme celui de Madame Butterfly, le livret de Lakmé est inspiré d’un roman de Pierre Loti (Le mariage de Loti) qui nous raconte la passion impossible entre deux amants issus de cultures différentes.

Dans l’Inde du XIXème siècle occupée par les Anglais, la jeune Lakmé, fille d’un prêtre brahmane, s’éprend d’un officier britannique, Gérald. Mais le père de la jeune fille, Nilakantha voit cette union de très mauvais œil.

Pour identifier le coupable, il va obliger Lakmé à chanter en public (c’est le célèbre air "des clochettes"), piégeant ainsi Gérald qui ne peut s’empêcher d’exprimer son émoi. Nilakantha surgit, le poignarde, Gérald s’enfuit avec Lakmé, qui parvient à le cacher et le soigne avec amour. Mais lorsqu’elle comprend que Gérald va la quitter pour regagner les rangs de l’armée britannique, elle se donne la mort avec le poison d’une fleur de datura.

Lakmé est un très bel opéra, qui transcende les conventions par la vérité qu’il confère à ses personnages et la poésie dont il nimbe chaque scène. Le livret est bien construit, efficace et les airs tous plus beaux les uns que les autres. Dès la création, le succès fût considérable : plus de 1 500 représentations se succédèrent ainsi à la Salle Favart. 

Bouleversante Sabine Devieilhe, dont la virtuosité est toute empreinte de délicatesse et d’émotion, parfaitement entourée par Frédéric Antoun (Gérald) et Paul Gay (Nilakantha). L’accompagnement orchestral de François-Xavier Roth et de son orchestre Les Siècles est nerveux, tendu, mais toujours limpide, et la mise en scène sobre et lumineuse de Lilo Baur sert l’œuvre à merveille. La relève est assurée.



6 commentaires:

joUS a dit…

Wonderful !..

Jean Claude Mazaud a dit…

Ton billet confirme les bonnes critiques que j'ai lues sur ce spectacle.
Ainsi Sabine Devieilhe apparaît alors que Dessay se retire...
De Lakmé je ne connais guère que le fameux air des clochettes : à découvrir donc peut-être bientôt sur une chaîne musicale...
(hélas mon enregistrement programmé de Ciboulette a échoué).
Dècidement l'Opéra Comique n'a pas fini de nous étonner.
Amitiés.

jefopera@gmail.com a dit…

Idem pour moi avec Ciboulette ! France télévisions a dû le bloquer, les fourbes...

Valentin a dit…

Avant N Dessay, il y a eu la grande Mady Mesplé, Malheureusement un peu oubliée, mais quelle soprano ! Le thème de Lakmé est finalement toujours actuel, et la musique ne vieillit pas (à condition qu'elle soit bien interprétée, ce qui, d'après votre article, était le cas à la Salle Favart).

jefopera@gmail.com a dit…

Comment oublier Mady Mesplé ? J'avais fait un petit article sur elle, à l'occasion de la sortie d'un coffret hommage. D'ailleurs, Sabine Devieilhe me semble davantage s'inscrire dans la lignée de Mady Mesplé que dans celle de Natalie Dessay.

MartinJP a dit…

Un ravissement !