dimanche 15 décembre 2013

Impressions d'Amérique du Sud

C'est en recherchant des informations sur les pièces pour piano préparé de John Cage que je suis tombé sur le premier disque de Wilhem Latchoumia, Piano and electronic sounds, un récital qui regroupe des œuvres de Pierre Jodlowski, Jonathan Harvey, Luigi Nono et John Cage. Plutôt hardi. Enfin, me suis-je dit, un jeune interprète qui prend des risques.

Né à Lyon en 1974, Wilhem Latchoumia a suivi les cours d’Eric Heidsieck, puis les master-classes d’Yvonne Loriod-Messiaen et de Pierre-Laurent Aimard. Au terme d'un parcours brillant qui lui a fait remporter plusieurs prix et concours prestigieux, il se produit aujourd'hui partout dans le monde, notamment dans les plus grands festivals de piano (Jacobins, La Roque d’Anthéron). Comme soliste, il a joué sous la direction de Gilbert Amy (Stravinsky), Peter Csaba (Messiaen, Bartok, Amy) et Fabrice Pierre (Berg, Messiaen).


Avec Impressoes, le jeune pianiste reste hors des sentiers battus en inscrivant à son récital quatre compositeurs latino-américains assez méconnus. La majeure partie du disque est consacrée au brésilien Heitor Villa-Lobos (1887 - 1959), à travers deux cycles, le ciclo Brasileiro et une suite de miniatures, A Prôle do bébé, qui n'est pas sans évoquer Schumann. Il présente aussi plusieurs pièces de son compatriote Camargo Mozart Guarnieri (1907 - 1993) et de l'argentin Alberto Ginastera (1916 - 1983).

De très beaux morceaux que j'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir, aux mélodies suaves et envoûtantes, parfois chaloupées, souvent nostalgiques et imprégnées de musique populaire. Ils exigent pour beaucoup d'entre eux une grande virtuosité, mêlant des élans lisztiens, des constructions rythmées et des développements assez planants -qui m'ont rappelé sans vraiment savoir pourquoi les improvisations de Keith Jarrett.

Wilhem Latchoumia, par son jeu souple et ample, où l'assurance technique ne prend jamais le pas sur la tendresse et la sensualité, épouse ce répertoire à merveille. En couvrant ses enregistrements de récompenses (Choc, Diapason d'or, etc), la presse musicale ne s'y est pas trompée. J'ai vu sur son site qu'il était venu récemment à Saint-Denis et je m'en veux encore d'avoir manqué ses deux concerts.

6 commentaires:

Jean Claude Mazaud a dit…

Décidément tu es imbattable pour les découvertes...
Amitiés et Bon dimanche.
PS : c'est vrai le doc de Béziat est excellent : Sivadier lui n'a pas trahi la Traviata...

jefopera@gmail.com a dit…

Très belle découverte en effet. Il prépare en ce moment un album,Wagner que j'attends avec impatience.

Valentin a dit…

Avec la surabondance de versions des oeuvres célèbres, il faut saluer ce jeune pianiste qui sort en effet des sentiers battus. Un répertoire que je ne connais pas non plus, mais qui me semble beaucoup plus intéressant que les oeuvrettes baroques dont on nous a abreuvés pendant des décennies. Je vais me faire des ennemis !!!!
Valentin de Lyon

jefopera@gmail.com a dit…

Le disque est superbe, sur tous les plans et on ne peut bien sûr que saluer cette excellence initiative et ce jeune artiste formidable.

MartinJP a dit…

Que de découvertes en effet ! Mais je salue ces jeunes artistes talentueux et courageux qui osent faire autre chose que le 250ème enregistrement de la sonate au Clair de lune et des valses de Chopin.
Belles compositions orchestrales de Villa-Lobos (intégrale disponible je crois chez EMI sous la baguette du compositeur).
Vais suivre votre suggestion et acheter cet album pour l'offrir à ma belle-soeur (qui a des origines brésiliennes).
Amitiés
JP

jefopera@gmail.com a dit…

A venir rapidement, dans le cadre de mon "tour du monde en musique" : Amazonas, un poème symphonique décoiffant de Villa-Lobos (compositeur à redécouvrir en urgence).