jeudi 1 août 2013

Le Ring du jubilé (1/2)

Le Festival de Bayreuth a commencé il y a quelques jours, avec un Ring dont la mise en scène signée Frank Castorf nourrit déjà les polémiques.

Hier, mon cousin Michael m’a écrit, tout excité, qu’il venait de décrocher des places pour aller écouter le Ring qui sera bientôt donné à l’Opéra de Seattle, la ville à côté de laquelle il s’est récemment installé, le veinard.

2013, bicentenaire de la naissance de Richard Wagner…

N’ayant guère de chance d’aller un jour au festival de Bayreuth ou même à Seattle, j’ai fait mon bicentenaire tranquille à la maison, en regardant sur Mezzo le très beau Ring donné il y a deux ans au Metropolitan Opera de New York.

Et je dois avouer que des cinq que j’ai vus, en live ou en DVD, celui-ci est de loin le plus beau et le plus convaincant. Bien plus, j’ai eu l’impression de découvrir enfin le Ring tel que l’avait écrit et voulu Wagner.

Comme il y a beaucoup de choses à dire, je vais m'y prendre en deux posts. Commençons par la musique.

Le plateau vocal est sans doute l'un des meilleurs que l'on puisse espérer réunir aujourd'hui. A commencer par les jumeaux de La Walkyrie, Eva-Maria Westbroek et Jonas Kaufmann, magnifiques et bouleversants, du regard de la première scène jusqu’à la mort de Siegmund.


On a dit que Bryn Terfel n'avait plus vraiment les moyens de chanter Wotan ; je n'ai pas compris pourquoi car il tient le rôle d'un bout à l'autre avec une grande autorité et sa voix tient encore très bien le coup. On a dit aussi que Deborah Voigt ne fera jamais oublier Astrid Varnay ou Birgit Nilsson, c’est évident, mais elle se démène avec une énergie admirable et se sort plus qu'honorablement du rôle impossible de Brünnhilde.

Avec Jay Hunter Morris (Siegfried) les choses se gâtent un peu. Disons plutôt, pour être sympa avec ce vigoureux jeune homme blond, qu'elles deviennent plus complexes. J’ai lu qu'il avait pris le rôle au pied levé, ce qui est déjà un exploit et suffit à lui pardonner beaucoup. Mais il est vrai que son timbre nasillard est parfois gênant et, si l'on admire son implication totale sur scène et son joli museau, on ne l'écoutera sans doute pas aussi souvent au disque que Wolfgang Windgassen.

Ces quelques réserves ne remettent pas en cause une impression d'ensemble très favorable, d’autant que la plupart des autres rôles sont tenus par d'excellents chanteurs. Il est injuste de ne pas tous les citer mais deux m'ont vraiment marqué : le formidable Eric Owens dans Alberich (au niveau de Neidlinger) et la luxueuse Waltraute de Waltraud Meier.

Je me garderai bien d'oublier le bel orchestre du Met, précis, voluptueux, que James Levine dans L’Or du Rhin et La Walkyrie, puis Fabio Luisi dans les deux dernières journées, dirigent superbement.



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