mercredi 1 mai 2013

Le mariage du siècle

Ce n'est pas le mariage pour tous mais le titre d'une exposition très intéressante, présentée à La Cité de la Musique jusqu'au 18 août.

Partant de thèmes fédérateurs (le rire, l'épopée, l’amour, le suspense...), de duos célèbres de cinéastes et compositeurs (Prokofiev / Eisenstein, Hitchcock / Hermann, Leone / Morricone...), le parcours expose et illustre le rôle que peut jouer la musique à toutes les étapes de la fabrication d’un film.

Tout au long de l'exposition, plus de cent extraits de films projetés dans de petites salles. Photos, pochettes de disques, instruments, documents de tournage sont également réunis pour dévoiler la façon dont la musique renforce le pouvoir d'évocation du 7ème art.

L'expo permet de visionner l'un des premiers films narratifs de l'histoire du cinéma, L'Assassinat du Duc de Guise, un film français tourné en 1908 avec un vrai scénario, de vrais acteurs et une vraie bande originale, composée par Camille Saint-Saëns.
  
Un affichage consacré au film de Claude Sautet, Un coeur en hiver, raconte comment Emmanuelle Béart a fait bricoler son violon pour ne pas être gênée dans son jeu d'actrice par les grincements de l'instrument. Comme le trio de Ravel est une de mes oeuvres préférées, j'ai regardé en rentrant le DVD et me suis endormi d'ennui devant ce navet prétentieux et bavassou.
  
Un des moments les plus émouvants de l'expo est sans doute l'interview de Martin Scorsese qui explique comment il a choisi, pour Raging Bull, l'intermezzo de Cavalleria Rusticana, pour évoquer les familles d'immigrés italiens qui débarquèrent à New York, la tête encore pleine de Bel canto :


Pour aller plus loin sur le thème des rapports entre le cinéma et l'opéra, il faut consulter sur le site Allocine, un excellent dossier réalisé par Edouard Brane :



3 commentaires:

Jean Claude Mazaud a dit…

Oui c'est une expo passionnante tout autant pour les cnéphiles que pour les mélomanes...
Scorsese utilise beaucoup la musique classique dans ses films : Ragging Bull que tu cites, mais aussi "Casino" avec la Passion selon st Mathieu..
Comment ne pas évoquer Pasolini qui dans le remarquable "Evangile selon st Mathieue" utilise toutes les musiques de Bach au Jazz...

jefopera@gmail.com a dit…

Un seul bémol, mais c'est la rançon des bonnes expos : le monde dans ces petites salles
Tu as raison d'évoquer La Passion selon Saint Matthieu. Scorsese dit aussi de belles choses sur la façon dont il a voulu l'utiliser.
Beaucoul de choses à dire sur ce sujet inépuisable, que j'ai trouvé très bien traité, avec clarté et pédagogie.
il y avait d'ailleurs beaucoup de jeunes visiblement très intéressés et attentifs.
Bonne soirée
JF

MartinJP a dit…

Un sujet effectivement inépuisable et plein d'avenir